Archive for the 'Humeur' Category

juillet 4th 2011

HTC et son service technique

L’affaire est trop grosse, tout comme ma colère ce soir, pour que je me prive d’un article à ce sujet.

Je possède, depuis environ 10 mois, un nouveau smartphone, un HTC Desire Z, sous Android. J’étais globalement satisfait de cette acquisition, même si l’ergonomie du clavier physique était bien en deçà de ce à quoi m’avait habitué mon précédent smartphone (Blackberry Bold 9700). Mais plus que ça, je tiens à soulever qu’HTC, bien qu’étant un constructeur renommé avec de très bons appareils à son actif (c’est par exemple lui qui a été choisi par Google pour construire le Nexus One), sait faire de bien jolies interfaces, mais manque cruellement de testeurs, tant ses applications sont mal conçues, lourdes et extraordinairement bugguées.

À ce sujet, je vais d’ailleurs énumérer quelques-uns de ces problèmes, non sans la maigre satisfaction de savoir que cet article sera peut-être lu et fera réfléchir d’éventuels futurs clients de HTC :

  • à la réception de l’appareil, je me suis empressé de tester la fonctionnalité (made in HTC) de migration de données, permettant de récupérer contacts et messages provenant d’un ancien appareil. Problème, mon Blackberry n’était pas reconnu, à l’inverse d’autres modèles de la marque. Il n’était pourtant pas si récent. Bref, je sélectionne un modèle proche, et l’importation se déroule correctement. Jusqu’à ce que, quelques jours plus tard, je reçoive des messages étonnants de mes contacts. Il s’est avéré que tous les messages importés ont été, un à un, renvoyés à mes contacts (à priori, pas de mélange des contacts, ceci dit). Cela représentait plusieurs centaines de mails, en visant bas. Je vous laisse imaginer l’explosion qu’un tel bug aurait pu produire sur un forfait sans SMS illimités, ce qui n’était heureusement pas mon cas. J’ai eu comme seule option, pour endiguer le problème, de retirer la carte SIM, et d’effacer un à un les messages enregistrés.
  • Le clavier physique, véritable point fort de l’appareil, et raison de mon achat, se conduit très aléatoirement : pour obtenir des caractères spéciaux ou accentués, il faut maintenir la pression sur une touche pendant une seconde pour afficher un menu permettant de sélectionner le bon caractère. Problème, ces menus se plaisent à se mélanger : ainsi, le « à » se trouvait de temps en temps sous la touche A, et parfois sous le Q. À noter également un problème, qui empêchait parfois lesdits menus de se fermer (par exemple, si on s’était trompé de touche) sans sélectionner l’un des caractères.
  • L’application Messages, lorsqu’elle est utilisée avec le clavier physique ouvert (donc en mode paysage) remonte toute seule au milieu de la page de conversation lorsqu’on est en train d’écrire, ce qui est particulièrement frustrant. Par ailleurs, à partir d’un certain nombre de caractères (correspondant à 3 SMS, il me semble), elle décide arbitrairement de transformer le SMS en MMS. Pratique, lorsque ceux-ci ne sont pas inclus dans le forfait.
  • L’application E-mail, comme celle Message, permettent de sauvegarder un brouillon de message. Or, je n’ai pas trouvé de moyen de récupérer les brouillons, ou, pour les mails, de lire les boîtes de messages envoyés, ou n’importe quelle autre boîte.
  • Les widgets sont une chose bien pratique pour avoir l’information importante à portée de main ou d’œil. Sauf quand ils ne se rafraichissent que lorsqu’on les affiche, et pas avant une seconde (ou plus s’il y a des données à mettre à jour). C’est à dire que sur les 7 pages de l’écran d’accueil, aucune n’est mise à jour en tâche de fond. Pas terrible pour suivre les flux (RSS, microblogging…), ni même pour consulter d’un coup d’œil l’horloge ou la météo. C’est un souci que j’avais déjà remarqué sur mon ancien HTC. Faire de jolis widgets, c’est bien, mais c’est mieux quand ils sont utilisables.

Ce n’est évidemment qu’une petite liste de choses qui me viennent à l’esprit. Cependant, rien qui n’entache sérieusement mon utilisation de l’appareil. À noter tout de même la volonté de HTC de tenter d’empêcher le root de son appareil (il s’agit d’une opération de débridage permettant d’avoir le contrôle sur l’appareil, de supprimer des applications publicitaires inutiles mais rendues obligatoires par HTC, voire de changer de système Android). C’est pourtant l’une des raisons pour laquelle les bidouilleurs de tous poils apprécient Android. Il est extrêmement dommage de voir les constructeurs chercher à verrouiller ça.

Mais ce qui me fait écrire aujourd’hui est autrement plus problématique. Il y a de ça environ un mois, j’ai eu la très désagréable nouvelle de trouver un beau jour l’écran de mon téléphone comme ceci :

Non, je n'ai pas essayé de le scanner en tant que code-barres. Voyez-vous, mon lecteur de codes-barres était ce téléphone.

En plus de ça, j’ai découvert une amusante feature : la couleur des barres variait selon des paramètres utilisés. Mais je dois avouer que ça fait un peu cher le gadget qui fait des trucs colorés aléatoires. Bref, du jour au lendemain, l’écran m’a complètement lâché. J’ai cependant constaté que la partie tactile, ainsi que le reste du téléphone fonctionnait toujours (je parvenais à le débloquer à l’aveuglette, et j’entendais certains sons de notifications). Mais rien d’autre. Voyant que rien ne semblait vouloir rattraper l’animal, je me suis résolu à le renvoyer au SAV de Rue Du Commerce (le site sur lequel je l’avais acheté).

Malgré l’annonce de 4 à 8 semaines lors de l’envoi, c’est pendant 3 semaines, délais d’envoi compris, que j’ai été privé de tout contact avec la 3G. Car j’ai pu déterrer mon ancien HTC, mais celui-ci, pour une obscure raison, n’a pas été capable de communiquer en 3G avec cette carte SIM (et ce, même s’il semblait capter la 3G). Le temps d’un séjour à Paris, vous savez, le genre de truc où il est vraiment appréciable de pouvoir compter sur la 3G, un GPS, de communiquer facilement pour pouvoir se retrouver, etc. Je me sens comme un survivant, après ça.

Mais, quelques jours après mon retour, et après avoir appris que le téléphone avait effectué son périple chez le constructeur, je l’ai reçu aujourd’hui même. Mes réactions, par ordre chronologique :

  1. Youpi, l’écran fonctionne à nouveau ! Joie et allégresse !
  2. Ha, tiens, ils ont réinitialisé l’appareil. Merde, c’est chiant, je vais devoir tout reparamétrer, mais heureusement que mes données importantes étaient sur la carte micro-SD, que j’avais pris soin de ne pas envoyer avec l’appareil (d’ailleurs, j’ai oublié celle-ci à Paris. Mais elle est en sûreté :] ). Ho, et puis, ça me permettra de réinstaller à partir de zéro, avec l’expérience, ça va être rigolo.
  3. Bon, je teste rapidement les fonctionnalités, voir si tout est OK. Ouvrons un navigateur web. Ho shit, il en met du temps, pour charger cette page d’accueil (le site HTC). Vraiment beaucoup de temps. Ça fait plusieurs minutes qu’il n’a strictement rien chargé, il doit y avoir un problème (et je passe les messages « site indisponible »). Bon, c’est peut-être le site qui est down, je vais en tester un autre.
  4. Je déploie le clavier physique, et commence à taper machinalement l’URL d’un moteur de recherche, qui n’a pas l’habitude pour compter les coupures de service parmi les choses qu’on peut lui reprocher. Wait, j’ai raté des lettres, je retape. Toujours pas. Ho, bha tiens alors, en fait, plus de la moitié des touches physiques ne fonctionne plus du tout. C’est ballot, moi qui avais l’habitude d’utiliser au mieux notre alphabet. Et puis, la touche espace, mine de rien, ça peut servir.
  5. Au passage, même après avoir tapé via le clavier tactile l’URL, aucun site ne s’avère joignable.
  6. Ha, ben en fait, j’avais oublié, mais j’ai perdu tous mes contacts. Ça, c’est pas super drôle (bon, nuançons, j’ai pu en récupérer quelques-uns via mon compte google qui s’était synchronisé).

Là, je vous ai fait la version poétique avec des petites fleurs. Vous imaginez allègrement que ma réaction fut un poil plus verbeuse. S’ensuivit un appel rageur au support RdC, qui m’indique ne rien pouvoir faire. Ils m’ont néanmoins conseillé de contacter directement HTC, et de leur renvoyer l’appareil. À cette fin, et à ma demande, ils me font parvenir un bon de retour, m’évitant de devoir payer les frais d’envoi. Bon, sauf qu’en recevant ledit bon, il s’est avéré qu’il permettait d’envoyer l’appareil… à RdC, et non à HTC. Bravo les mecs. Ha, et petit conseil, évitez de mettre une musique d’attente si sa qualité est aussi mauvaise. Ça rend de mauvais poil.

Bon, appel du support HTC. Après une première tentative infructueuse, où je me suis rendu compte après avoir exposé mon problème qu’il n’y avait plus personne de l’autre côté, je réessaie, pour tomber sur un humain ou assimilé. Celui-ci s’est montré parfaitement courtois, et m’a, au bout de 30 minutes, indiqué les conditions de renvoi de l’appareil. Je ferai néanmoins une nouvelle demande à HTC, parce que je n’ai pas vraiment l’intention de prendre à ma charge les quelques 15€ de frais d’expédition pour une faute du support technique.

Voilà donc où j’en suis aujourd’hui : avec un smartphone avec écran mais sans clavier physique, et semblant souffrir d’un certain autisme vis-à-vis du 3G. Et une nouvelle indisponibilité de l’appareil à prévoir. Et avec ça, une rage assez prononcée. D’où cet article, qui, je l’espère, permettra à une ou deux personnes de réfléchir à un éventuel futur achat de produit HTC.

Mise à jour :

Épilogue moins négatif qu’il n’y paraissait initialement, le problème de réception 3G semble être dû à la réception chez moi, vraiment minable. Et, plus étrange, le clavier s’est progressivement remis à fonctionner intégralement. Quand je dis progressivement, c’est que le lendemain de la publication de ce post, seule la rangée du bas était morte (c’est tout de même un poil gênant pour la ponctuation de base ou la barre d’espace). Et, au cours de la journée, celle-ci est également revenue à la vie. Depuis, plus de souci, si ce n’est que quelques touches ont temporairement sauté aujourd’hui. C’est donc assez instable, mais je n’ai vraiment pas envie de le renvoyer à nouveau en SAV (d’autant plus que grâce à la présence d’esprit du service client RdC, je n’ai pas de bon de retour comme ils me l’avaient promis).

Cependant, j’ai remarqué un nouveau problème. Du moins, j’espère vraiment qu’il n’en deviendra pas un : l’une des 4 charnières reliant l’écran au clavier, et mécanisme permettant l’ouverture du smartphone, est manquante. À première vue, le mécanisme n’en est pas sensiblement plus fragile, mais je suppose qu’elle n’était pas là au hasard.

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février 4th 2011

Déconnexion

Instant culturel : en français, le mot « déconnexion » prend un X, à la différence de l’anglais, où il est écrit « deconnection ». Voilà.

Mon actualité très personnelle m’a poussé à précipiter plusieurs décisions, dont la finalité rappelle l’effet fantasmé d’Hadopi : la coupure. À la différence près que ce n’est pas mon accès à Internet qui sera coupé, mais plusieurs liens sociaux.

Premièrement, et c’est non sans une certaine honte que je le dis, je parle de mon compte Facebook. Oui, je l’avoue, devant vos regards dépités de fans trahis, qui sont en train de se demander où trouver des poupées vaudou à mon effigie, j’avais jusqu’à aujourd’hui un compte Facebook. Non nominatif, présentant peu de données personnelles, mais malgré tout beaucoup trop intrusif. J’ai donc décidé, d’un geste rageur et anticipé d’une semaine, de supprimer purement et simplement ce compte, sans grand espoir d’efficacité concernant la rétention de mes données par ce Big Brother en puissance. Malgré tout, c’est un premier pas, qu’il vaut mieux, je l’estime, faire plutôt que de laisser le service s’insinuer de plus en plus dans notre vie privée. Car j’ai peu de doutes sur le futur de la société, qui vit grâce à la monétisation des données personnelles d’un demi-milliard de braves gens ; étant donné que la popularité d’un réseau est lié exponentiellement au nombre d’utilisateurs dessus, il sera de plus en plus facile pour Facebook de faire adopter des mesures de plus en plus inacceptables (au hasard, le fichage de l’intégralité de la navigation web d’un utilisateur).

Je tiens à relativiser tout de même : tout n’est pas à jeter chez Facebook, et encore moins ce qu’il est : un réseau social, permettant d’échanger statuts, commentaires, photos, évènements, et que sais-je. Aux ermites dans leur caverne qui renient en bloc cette avancée, je répondrai que le réseau social (dont Facebook est l’exemple type) fait évoluer les interactions, au même point que le mail a révolutionné la lettre manuscrite, qu’IRC a révolutionné (sans chercher à le remplacer) le mail… On a entre les mains la nouvelle évolution, il n’y a que la forme sous laquelle elle s’est présentée qui est critiquable. Car si à l’époque le mail n’avait été fourni que par une société privée, sous forme d’une boîte noire sans contrôle, les mêmes problématiques se seraient posées. Il est nécessaire aujourd’hui de fournir une solution propre, et ouverte, à ce besoin de réseau social. Il existe plusieurs candidats à cette demande, dont Diaspora, qui a pour l’instant ma préférence (pour le sérieux de ses créateurs, la méthode de travail employée, la crédibilité du projet grâce à la fantastique levée de fonds de l’année dernière). Mais, et je regrette la pub trop grande qu’il a eu à ce stade, il faut garder à l’esprit qu’il n’est qu’en alpha : il n’est absolument pas utilisable en production (c’est à dire en utilisation quotidienne), mais devrait être réservé à des fins de tests uniquement, en particulier par des développeurs. Je crois personnellement beaucoup en ces solutions, et j’ai hâte de pouvoir profiter à nouveau d’un réseau social, mais en version propre et libre. J’attendrai simplement le temps qu’il faudra pour m’y remettre.

Pour finir sur ce point, je donne à toutes fins utiles le lien de suppression d’un compte Facebook, fort logiquement bien planqué dans les pages d’aide : http://www.facebook.com/help/contact.php?show_form=delete_account. La suppression est effective sous 14 jours, pendant lesquels toute reconnexion annule la procédure. Pour les plus addicts, il faudra faire attention, si vous décidez de supprimer votre compte, à ne pas craquer durant ce délai.

Ensuite, pour revenir à l’introduction de ce billet, ma seconde coupure sociale est un simple changement de numéro de téléphone, qui n’a de notable que de se produire en même temps que la suppression de mon compte précité. Ce sont les raisons qui le sont plus : pour commencer, et depuis que j’ai changé de téléphone il y a 3 mois, j’ai eu envie de tester la fonction tethering d’Android (partage de connexion, ou « option modem »). Je l’ai allumée 3 minutes montre en main, puis coupée, n’en ayant pas l’utilité immédiate. Plusieurs semaines plus tard, j’ai aperçu avec surprise sur ma facture, qu’une « option modem ajustable 500Mo » m’avait été facturée 20€. Sur le coup, après la surprise, j’en ai déduit que le simple fait d’avoir utilisé cette fonction, entraînant éventuellement quelques kilobits de transfert, avait atteint un premier palier de données fixé à 500Mo. Soit. Le problème a été nettement moins amusant le mois suivant, c’est à dire il y a quelques jours : cette fois, j’ai été facturé de 30€, pour, soit-disant, 750Mo consommés. La différence notable étant que je n’ai plus du tout touché au tethering, cette option est donc parfaitement incompréhensible. J’ai évidemment appelé la hotline sans attendre, pour tomber sur un message qui provoque encore aujourd’hui une hilarité incontrôlable :

« Bonjour et bienvenue chez SFR. Tous nos conseillers sont actuellement en ligne, veuillez rappeler dans 48 heures. »

Illustration de mon désarroi

Évidemment, travaillant juste au-dessus d’un magasin SFR, je m’y suis rendu immédiatement, pour constater amèrement que le seul lien entre SFR et les boutiques SFR est le nom : les vendeurs sont incapables de faire quoi que ce soit en relation avec mon contrat, et n’ont pu m’aider, car leur seule marge de manœuvre était d’appeler eux-mêmes la hotline en vacances. Je ne me suis pas dégonflé, et ai contribué régulièrement à saturer leur ligne, jusqu’à tomber par chance, le soir même, sur quelqu’un. La conversation fut passablement électrique, en raison de mon envie de faire brûler à peu près tout le monde. J’expliquai cependant très courtoisement le problème, et patientai tandis que l’opératrice demandait conseil à son supérieur. Quelques minutes plus tard, elle m’annonça joyeusement qu’elle pouvait faire un geste commercial, et me rembourser ces 30€ sur ma prochaine facture, mais qu’il ne fallait pas m’attendre à ce que ça puisse se reproduire la prochaine fois. Pour vous donnez une idée de la tête que j’ai fait à ce moment, référez-vous à l’image précédente. J’expliquai, avec bien moins de courtoisie, que je ne m’attendais pas à un geste commercial, mais à une correction de l’erreur dégueulasse qui apparaissait sur ma facture. Devant l’entêtement de l’opératrice, j’ai trouvé le moyen de faire en sorte que ça ne se reproduise plus, en demandant à être transféré au service résiliation sans plus attendre.

Car, et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle la hotline était injoignable, c’était ce jour-là qu’entrait en vigueur la hausse de TVA, qui permettait à n’importe qui de résilier sans frais son contrat Internet ou mobile (le premier qui parle d’Internet au sujet des forfaits 3G ira me faire le plaisir d’aller dire « coin » sur le chan IRC de FDN). Ainsi, j’ai demandé une résiliation de ma ligne, pour souscrire chez un opérateur qui aurait la décence de ne pas me racketter de la sorte. Me sentant passablement énervé, le téléconseiller a judicieusement évité de tenter de m’arnaquer en me faisant payer de quelconques frais, et m’a promis que la résiliation serait effective sous 10 jours (je n’ai pas encore eu de confirmation, ni par SMS, ni par mail, ni par courrier. Si d’ici quelques jours je n’en ai toujours pas, je me rappellerai joyeusement à leur bon souvenir). Cependant, la portabilité du numéro impliquant d’autres procédures, et étant d’un naturel particulièrement fainéant, j’ai abandonné l’idée de garder mon numéro (l’actuel ayant moins d’un an, il n’avait pas une grande importance pour moi).

Je suis donc dans une phase de recherche de nouvel abonnement 3G, et je suis allé en boutique me renseigner auprès des deux autres membres de la sympathique mafia des télécoms : chez Bouygues et Orange, j’ai eu confirmation que, pour le premier, le tethering était rigoureusement interdit, pour l’autre il était, tout comme chez SFR, surfacturé, au prétexte qu’un octet envoyé vers un ordinateur était plus lourd qu’un même octet envoyé sur un mobile ! J’ai alors pris conscience de l’horreur que représente le « web mobile » pour la neutralité des réseaux, qui est ici bafouée au plus au point (discrimination des données, bridage du débit au-delà d’un quota, interdiction d’une certaine utilisation, écoute des paquets pour lire l’user agent du navigateur afin de surfacturer, et je passe sur le réseau NATé, qui n’a strictement rien de ce qu’on peut appeler Internet). Il est vraiment temps que Free Mobile arrive dans le marché pour massacrer les ententes entre les 3 opérateurs. Je ne m’attend pas vraiment à ce que Free offre ensuite du vrai Internet mobile, mais j’ose croire qu’ils changeront pas mal de choses. En attendant, je ne me suis pas fixé sur un opérateur, et je reste ouvert à toute remarque pour m’aider à en choisir un qui soit suffisamment respectueux de son client et du réseau.

Ainsi donc, me voilà coupé, en partie malgré moi, de certains contacts. Mais, comme je l’ai déjà dit ailleurs que sur ce blog, il existe encore une petite infinité de méthodes pour me joindre : par ce blog, par mail (auto-hébergé sur le domaine de ce blog), sur Jabber (gordontesos@jabber.gordontesos.com), via Twitter même si je l’utilise essentiellement de façon professionnelle, voire en m’invitant à boire un coup, ou à me goinfrer au restau (j’invite aussi, hein). J’espère que cette situation rappellera que les moyens de contact ne se font pas exclusivement sur Facebook, que le vrai mail ne se termine pas en @gmail.com, et que le mot « social » existe depuis bien plus longtemps qu’Internet.

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mai 31st 2010

Je hais Apple

Ceci, très cher lecteur (l’emploi du singulier n’est pas une erreur, je suis mon seul lecteur), est une déclaration de guerre au monde de l’agro-alimentaire végétal anglophone. Non, attendez, c’est pas ça. Je voulais parler d’Apple, la société, celle qui, il y a moultes années de cela, axait ses publicités sur un message anti-Big Brother.

Apple cay pourri lol

Milles excuses tout d’abord, j’arrive un peu tard pour faire mon coup de gueule à la mode. Mais pour tout dire, c’est la goutte de Jack Daniels qui a fait déborder le verre qui me pousse à écrire ceci. Concrètement, l’arrivée bien malgré moi d’un iTéléphone dans le ménage familial. Je regrette d’ailleurs qu’Apple soit, il faut bien le reconnaître, le roi incontesté du marketing, au point de réussir à créer un besoin frénétique pour ses produits. A quoi vous fait penser une paire d’écouteurs blancs ? A un iPod. Que reconnaissez-vous dans cet objet rectangulaire et plat dans la main d’un passant ? Un iPhone. Apple a redoutablement su s’imposer sur le marché, imposer son design dans les esprits, et se créer une communauté de fans prêts à mourir pour défendre l’honneur de leur marque. Mais ce que je déplore, c’est que derrière cette maîtrise du monde de la publicité, la politique d’Apple soit particulièrement Orwellienne.

Nous sommes d’accord, Apple est une société, dont le but est évidemment d’engendrer du profit. Et elle ne force personne à acheter ses produits. Cela ne devrait pas pour autant donner le droit de considérer à ce point ses utilisateurs comme des pantins. Car quand on achète Apple, on doit être Apple, penser Apple (et, accessoirement, consommer Apple). Vous avez acheté un superbe baladeur MP3 iPod ? Il vous sera sommé d’utiliser exclusivement un logiciel fourni par Apple pour le gérer : impossible d’utiliser votre lecteur comme un périphérique de stockage USB (par ailleurs, l’appareil n’est pas doté de port USB, préférant opter pour une connectique fermée et propriétaire, histoire de ne pas donner la possibilité d’utiliser n’importe quel câble standard). Vous aviez l’habitude de stocker des documents OpenOffice dans votre lecteur, pour l’utiliser comme une clé USB ? N’y comptez plus, vous avec un baladeur, Apple ne veut pas que vous l’utilisiez autrement.

L’Apple Store est d’ailleurs pour moi l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire, dans le sens du web, tel que je le défend du moins. Le Web, et la philosophie du Libre qu’il véhicule malgré tout (les protocoles étant à la base du Web étant ouverts, ce qui a permis son expansion). Tout le monde s’accorde à considérer (hormis ces salauds de développeurs Flash qui pourrissent le Web) qu’un site web est une entité ouverte, écrite et présentée dans un format standard (le HTML et ses dérivés), appuyé par d’autres standards tels que CSS, Javascript, XML, formats d’images ouverts, etc… Ce qui rend possible la lecture d’un site par n’importe quel terminal, qu’il s’agisse d’un navigateur propriétaire ou libre, destiné aux déficients visuels ou mentaux (dans le cas d’IE). Bref, un éditeur de site web n’a pas le droit de restreindre l’accès à son site à un terminal particulier. Chez Apple, c’est l’inverse : vous avez tout un tas d’applications, toutes plus inutiles les unes que les autres (mention spéciale à l’application IKEA, modèle d’innovation et d’ergonomie, qui n’est en fait qu’un fichier PDF empaqueté dans un lecteur, ce qui : *rend impossible la lecture du fichier par tout autre moyen, *ne permet pas de lire d’autres fichiers. Pour faire l’analogie, c’est comme si vous disposiez d’un navigateur web complet mais incapable, car restreint techniquement, d’aller sur un autre site que www.gordontesos.com. Oui, moi aussi ça me perturberait profondément.) qui sont, d’une part parfaitement non interopérables, d’autre part poussées par un modèle économique qui consiste à considérer que la moindre ligne de code bugguée vaut du pécule. Donc, tous les développeurs cherchent à monétiser coûte que coûte leur application de merde. Le mot n’est d’ailleurs pas choisi au hasard, il vous faudra soit débourser, soit vous taper de la publicité envahissante si vous voulez bénéficier de la superbe application qui vous fera briller en société, celle qui imite des bruits de flatulences. Non mais franchement, chercher à monétiser un truc pareil, c’est loin d’être dans mes principes. Je ne devrais pas m’y intéresser, n’étant pas client, ou plutôt fidèle, d’Apple. Mais je crains que l’engouement médiatique pour ce marché l’étende à des milieux qu’il ne devrait jamais salir, à savoir le web et le vrai monde logiciel. Je me plais beaucoup en ce moment à faire des parallèles avec le monde du logiciel libre, aussi vais-je en faire une ici, pour mon plaisir personnel : une application est développée pour répondre à un besoin, que connaît généralement bien le développeur. Ainsi, il a le besoin naturel que son application soit fonctionnelle. Si elle ne l’est pas, personne ne l’utilisera, pas même lui. Il y a donc une sélection naturelle par la qualité. Chose que ne semble pas connaître l’Apple Store, où des applications, soi-disant strictement contrôlées par la bonne morale puante d’Apple, fleurisent jour après jour, sans pour autant ajouter de la qualité à l’ensemble. Il y a certes une poignée d’apps qui se détachent du lot, ce qui est une excellente chose, mais les développeurs conçoivent les applications dans un but uniquement financier. Ce qui, il faut l’admettre, atteint souvent son but, mais encrasse plus qu’autre chose le pool d’applications.

Outre ce problème-là, il y a celui que je viens de citer, qui est la position quasi-divine qu’Apple s’octroie sur son store : vade retro, sale développeur libriste, ici l’interopérabilité est interdite. Les CGU d’Apple interdisent explicitement d’utiliser le langage ou la librairie de son choix, tout doit se faire nativement en Objective C. Ton application est tout de même portée sur un autre système, ou est elle-même un portage ? Interdiction, par le biais de l’application même ou de sa description dans le store, d’évoquer l’existence des autres versions. Ton application permet, éventuellement, si l’utlilisateur le souhaite, de voir un bout de nichon ? À la trappe, mécréant (je citerai évidemment en exemple cette application, qui est un lecteur de BDs, qui lors de son arrivée sur le store, permettait de lire une BD érotique, ceci indépendamment de la volonté du développeur de l’application, qui n’est qu’un outil. Apple a cru bon de supprimer l’application sans plus de ménagement). Ton application est un navigateur web performant, stable et innovant ? Allez, soyons zélés, et qui propose impose un filtre parental anti-porn… Elle ne sera pas acceptée, sous le prétexte qu’il y a déjà un navigateur intégré. Quid de la concurrence, vecteur d’innovation ? Ce charmant Steve Jobs s’en essuie les iFesses.

Concernant le système même, il a toujours été vendu comme une innovation, voire une révolution. Je veux bien admettre que le tactile multipoint doit beaucoup à l’iPhone, mais un système qui, à son lancement, et à l’inverse de tous ses concurrents, ne permettait ni de filmer, ni d’envoyer des MMS, ni de copier/coller du texte, ni de lancer plusieurs applications à la fois, ni de profiter du multitâche est loin d’être innovant. A cette heure, ces deux dernières fonctionnalités, pourtant indispensables à une utilisation moderne d’un appareil de ce type, ne sont toujours pas implémentées (le multitâche est censé arriver d’ici un mois, paraît-il). Effectivement, on me dira qu’il est possible de jailbreaker l’appareil pour profiter d’applications en s’affranchissant du joug d’Apple, ce qui est une excellente chose, mais c’est la volonté de contrôle d’Apple qui est ici critiquable. Par ailleurs, aussi hackable que puisse l’être l’appareil (c’est à dire pas des masses), le matériel n’en reste pas moins ultra-fermé : impossible de changer ou retirer la batterie, aucun port standard, tel que de l’USB… Pour moi, il est inacceptable qu’en achetant un appareil, il ne nous appartienne pas au point de pouvoir en faire ce qu’on veut.

Finalement, l’article est un peu plus d’actualité que ce que je pensais, car, ayant été commencé il y a plusieurs semaines, il ne sera publié qu’aujourd’hui, c’est à dire peu après la sortie plus-ou-moins-mondiale de l’iPad, appareil redoutablement inutile s’il en est. Si vous vivez dans une grotte, et que mon blog est votre seule source d’actualité (saint homme), sachez qu’il s’agit ni plus ni moins d’un iphone en 4 fois plus grand. Et sans téléphone. Et bien sûr, ce bidule extra-cher a été annoncé et vendu comme une merveille de technologie. Pour tout dire, il partage l’OS de l’iPhone, et n’a donc pas de multitâche. Point. Je déplore tout de même l’INpact médiatique que ça a pu avoir, à tel point que deux de ces saloperies sont arrivées au bureau (je passe le bonjour aux fanboys qui me liront, et qui s’empresseront, je l’espère, de troller en commentaires).

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