Archive for the 'plolitique' Category

juillet 8th 2011

Cartes sur table

Comme vous le savez probablement, 11 (!!) députés ont adopté hier un texte de loi mettant en place une nouvelle carte d’identité, bardée de puces, et liée à un fichier informatique recensant l’intégralité de la population, soit 45 millions d’honnêtes gens. C’est, comme bon nombre de choses que le gouvernement veut nous imposer depuis un certain temps, tout bonnement inacceptable.

Comme à chaque fois qu’une telle nouvelle est annoncée, le Parti Pirate et la Quadrature du Net se fendront d’un communiqué, mais, honnêtement, qui les lira en dehors des gens qui suivent cette actualité, et qui sont naturellement déjà convaincus ?

Je prend donc l’initiative de vous proposer une action « coup de poing » : puisqu’on veut mettre en place cette nouvelle carte, profitons au maximum des cartes actuelles.Rendez-vous en mairie et demandez à renouveler votre carte. C’est possible même si elle n’est pas expirée, et vous pouvez tout à fait indiquer la raison de ce renouvellement : vous refusez qu’on vous impose le fichage. Vous garderez le « modèle » actuel, et ce pour 10 ans.

Il serait souhaitable de faire de cette action un mouvement national de contestation. D’une part, ça protègera les citoyens contre cette mesure orwellienne, et d’autre part, ça enverra un message fort à l’Etat, qui pourra s’inquiéter de voir des renouvellements de carte au même moment. À partir d’un moment, combattre par les mots ne suffit plus, il est grand temps de procéder aux actions plus concrètes.

Relayez cet appel, refaites votre carte, incitez votre entourage à en faire de même, bloguez, etc.
Procédure de renouvellement (il faut se munir de l’ancienne carte, de 2 photos d’identité, d’un justificatif de domicile, d’un timbre et, si vous avez un nom d’usage, d’un papier d’identité de votre parent)

Pour ma part, je vais à la mairie dès demain.

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juillet 6th 2011

Modèle de lettre : contre le filtrage d’Internet

Ce billet arrive un peu tard, vu l’actualité parlementaire. Pour info, le contexte étant qu’une loi est actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, dont un article permettrait le filtrage de sites Internet. Pour plus d’infos, je vous conseille de vous rendre sur le site de La Quadrature Du Net, qui en parle très bien. Et, si vous en avez l’occasion, passez un coup de fil à votre député, là tout de suite, avant que cet article ne soit voté, pour peut-être faire changer les choses.

Pour ma part, j’ai contacté Jean-Michel Couve, dont l’attachée m’a proposé de lui écrire un mail expliquant mes arguments. Ce que j’ai fait, et je vous en livre ici le texte, à reprendre, modifier, améliorer, faire circuler, avant de le renvoyer à vos propres députés. C’est sous licence WTFPL, faites-en ce que vous voulez.

Bonjour.

Suite à mon appel de ce jour et sur le conseil de votre attachée parlementaire, je me permets de vous contacter pour vous exprimer ma vive inquiétude vis à vis du projet de loi renforçant les droits, la protection et l’information des consommateurs, et en particulier son article 10-VI-5°, qui, rédigé comme tel, permet à une autorité administrative de filtrer des sites Internet.

Étant administrateur système et président d’un FAI (Fournisseur d’Accès à Internet) associatif, je suis amené à travailler avec Internet au quotidien et de manière professionnelle. De part mes fonctions, je peux vous affirmer que le filtrage d’un site est une gageure technique et morale. Premièrement parce qu’une telle mesure ne résoud pas le problème car cela revient  à simplement cacher un site aux visiteurs potentiels au lieu de le faire fermer. La fermeture du site permettrait en effet d’empêcher quiconque d’y accéder d’une part et de poursuivre plus facilement l’éditeur du site devant la justice d’autre part. Deuxièmement,  un filtrage implique une mise en place de moyens techniques importants et démesurés par rapport au résultat escompté, résultat non fiable qui plus est ; il est en effet à la portée de n’importe quel internaute de contourner un tel filtrage. Enfin, le filtrage est extrêmement dangereux pour les libertés d’expression et d’information qui peuvent très rapidement être bafouées si cet outil, mis entre les mains d’une autorité administrative, devient un outil de censure inacceptable.

Les exemples prouvant l’inanité et les dangers d’une telle décision ne manquent pas, il suffit d’observer les pays dans le monde ayant mené une réflexion sur le filtrage : en Allemagne par exemple, le filtrage d’Internet a été abandonné, au profit de procédures plus efficaces pour obtenir la fermeture des sites Internet illicites (<http://www.laquadrature.net/fr/loppsi-lallemagne-renonce-a-la-censure-du-net>);  en Australie, la liste des sites filtrés a été rendue publique et a non seulement offert une visibilité supplémentaires à ceux-ci, ce qui est évidemment contraire à l’objectif recherché, mais il s’est surtout avéré que des sites tout à fait légaux avaient été injustement bloqués.

C’est en effet un autre des nombreux dangers de cette censure : seul l’organisme ordonnant le filtrage peut  vérifier la bonne exécution de celui-ci et limiter les dérives possibles, sans aucun contrôle démocratique (<http://www.pcinpact.com/actu/news/51172-filtrage-blocage-acma-liste-noire.htm>). Il est, par exemple, très courant, et c’est le genre de choses que je suis amené quotidiennement à effectuer, qu’une seule adresse IP d’un serveur héberge plusieurs, voire plusieurs centaines, de sites web, souvent sans aucun lien entre eux, c’est ce que nous appelons la mutualisation de plateforme et qui est au cœur des services d’hébergement dit mutualisé. Filtrer une adresse IP, c’est prendre le risque de bloquer injustement des sites tout à fait licites, et ce risque ne doit pas être négligé (<http://www.pcinpact.com/actu/news/51278-filtrage-blocage-site-pedopornographie-impact.htm>).

Nonobstant, je sais que plusieurs amendements ont été déposés pour pallier à ce problème, et retirer toute allusion au filtrage d’Internet de cette loi et je souhaiterais vivement que vous vous engagiez en faveur de ceux-ci :
- L’amendement CE 72, déposé par Laure de la Raudière;
- L’amendement CR 228, déposé par Corinne Ehrel et le groupe SRC,
- L’amendement CR 255, de Lionel Tardy.
Ces amendements sont, à mes yeux, absolument nécessaires pour éviter de voter une loi profondément attentatoire aux libertés et droits fondamentaux de notre République (tel que l’a rappelé le Conseil Constitutionnel (<http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision//2009/decisions-par-date/2009/2009-580-dc/decision-n-2009-580-dc-du-10-juin-2009.42666.html>)

Notez enfin que mon inquiétude est partagée, non seulement par bon nombre de mes concitoyens, mais également par certains parlementaires : la mission parlementaire de Corinne Ehrel et Laure de la Raudière a demandé un moratoire sur les nouvelles mesures de filtrage d’Internet. De plus, le rapporteur spécial de l’ONU Frank La Rue s’est inquiété dans son dernier rapport de la multiplication des mesures de filtrages qui menacent les libertés. Je vous invite à prendre en considération ces messages.

Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire. Vous pouvez me joindre au ** ** ** ** **, ou par mail, à <***@***>.

Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur le député, l’expression de mes sentiments distingués.

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janvier 12th 2011

Lettre ouverte aux députés – LOPPSI article 4

Ceci est un exemple type de lettre ouverte que j’encourage à personnaliser, puis envoyer à votre député, s’il a voté pour le projet de loi LOPPSI et pour son article 4 qui, je le rappelle permet une censure du net sans aucun contrôle ni la moindre garantie, loin de toute décision judiciaire. Elle a été rédigée par Skhaen et moi-même, à partir du modèle rédigé et publié par le Parti Pirate. Elle est ici diffusée sous licence CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) – Public Domain Dedication.

Il est important qu’un maximum de monde contacte ses élus pour leur faire comprendre la volonté forte de leurs électeurs, qu’ils sont censés représenter. Alors copiez cette lettre, modifiez-la si vous voulez (un minimum serait quand même d’éditer la signature et d’accorder quelques détails selon votre sexe et celui de votre député(e). Imprimez-la si vous préférez l’envoyer par courrier (ce qui a plus d’impact), elle a été rédigée de sorte à ce que les liens puissent être facilement lus et réécrits en format papier.

Madame, Monsieur le/la député(e),

Je suis particulièrement concerné, aussi bien professionnellement que personnellement, par Internet et par la législation qui s’y applique (ou tente de le faire). C’est avec intérêt que j’ai suivi l’actualité de la loi LOPPSI 2 (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieur) et plus particulièrement son article 4 [1].

J’ai eu connaissance de votre vote lors de la séance à l’Assemblée nationale du 21 décembre 2010 sur le projet de loi dit LOPPSI [2] et je tiens à vous exprimer ici mon profond désaccord avec les « idées » que vous tentez d’imposer. Bien que l’intention de combattre la pédopornographie soit tout à fait louable, les moyens mis en œuvre seront, comme l’ont souligné beaucoup d’experts[3] et d’associations[4], inefficaces, car les pédophiles n’opèrent  pas de manière « ouverte » avec leurs « clients »[5].

Cette loi ne protégera personne, ni enfants, ni internautes. Filtrer un site consiste uniquement à mettre ses mains devant ses yeux en se disant « je ne vois plus rien ». Les contenus sont toujours présents et il suffit de quelques minutes pour qu’ils soient de nouveaux disponibles[6], et nous ne parlerons pas des techniques de filtrage qui sont contournables sans aucun problème[7]. Mais il est hélas facile d’imaginer là l’opportunité pour un gouvernement, dont les déboires se multiplient, de se doter d’une arme de censure « discrète » et incontrôlable [8] [9] [10].

A force d’ignorer ceci, vous risquez bien plus que de perdre des voix. Ce projet de loi est  hautement liberticide, non seulement pour sa volonté quasi-avouée de filtrage et de censure du seul médium encore libre aujourd’hui, mais aussi pour son effrayant irrespect de la séparation des pouvoirs : c’est à la justice et à elle seule de décréter ce qui est illégal et ce qui ne l’est pas[11], et vous tentez de court-circuiter le processus judiciaire, pour répondre de la mauvaise façon à un problème, que vous vous permettez  d’ailleurs d’utiliser comme symbole pour faire passer une loi inacceptable.

En ma qualité de citoyen et d’électeur, je vous demande solennellement de faire votre travail de représentant(e) du peuple Français, et de voter contre cette loi, et plus particulièrement contre l’article 4.

En vous remerciant,

Gordontesos

Sources :

  • [1] « Loppsi 2, article 4?, par Zythom, expert judiciaire http://ur1.ca/2mwzk
  • [2] http://www.nosdeputes.fr et http://www.laquadrature.net/wiki/Memoire_politique
  • [3] Comme Cédric Blanchet, Ingénieur-chercheur et responsable du département de recherche en sécurité informatique chez EADS France http://ur1.ca/2momz
  • [4] Association L’Ange Bleu (A.N.P.I.C.P. : Association Nationale de Prévention et d’Information Concernant la Pédophilie) : « LOPPSI : la protection de l’enfance, cheval de Troie du filtrage généralisé d’Internet ? » http://ur1.ca/2qsov
  • [5] « Le commerce de la pédopornographie sur Internet de 2000 à 2010? par Fabrice Epelboin pour readwriteweb http://bit.ly/pedobiz
  • [6] « WikiLeaks : une épidémie de sites miroirs à travers le monde » sur PcINpact http://ur1.ca/2t5po
  • [7] « Filtrage d’Internet : la grande illusion (partie 2/2), proxy, routage et chiffrement », par Tristan Nitot http://ur1.ca/2t5h5
  • [8] « Loppsi 2, article 4?, par Zythom, expert judiciaire http://ur1.ca/2mwzk
  • [9] « En Tunisie, le régime se durcit pour éviter qu’Internet le renverse » sur Numerama.com http://ur1.ca/2s40b
  • [10] « Algeria joins the Internet censors club » sur OpenNet.net http://ur1.ca/2t5kg
  • [11] « Émettre des images pédopornographiques, c’est un délit. Donc c’est pour cela qu’on n’a pas mobilisé un juge ; parce qu’on nous fait la critique que le filtrage il sera par une autorité administrative » – Eric Ciotti http://ur1.ca/2pgb5

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août 25th 2010

Censorcheap – sponsorisé par Paul le Poulpe

Les plus avertis d’entre vous(nous) le savent déjà, Censorcheap vient de sortir. Mais qu’est-ce que c’est donc ? Le dernier projet de Paul Da Silva est une base de données communautaire de la censure d’Internet dans le monde. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que, dans plusieurs pays, les gouvernements cherchent à empêcher aux citoyens d’accéder à certains sites, pour diverses raisons (endiguer la pédophilie dans le monde, se faire du blé, taire toute possibilité de critique ou d’opposition politique…). En France, ça vient d’arriver, avec l’ARJEL, qui a dangereusement ouvert la boite de Pandore, en faisant bloquer un site de pari en ligne (stanjames.com, profitez bien du fait que ce lien fonctionne). Le tribunal a en effet exigé que les FAI (du moins, les 7 plus gros) emploient tous les moyens possibles pour bloquer l’accès à ce site (sans la moindre promesse de dédommagement des FAIs, en gros c’est « démerdez-vous, si vous n’obéissez pas, on vous fera payer comme des gorets ». C’est évidemment une très lourde violation de la neutralité du net, mais aussi et surtout une porte ouverte à d’autres dérives dictatoriales (les syndicats de l’industrie musicale ont déjà dit, à propos d’un filtrage de sites pédopornographiques « si on peut le faire pour la pédophilie, on peut le faire pour la musique »).

Quoi qu’il en soit, et pour revenir à Stanjames.com, le premier (seul ?) FAI à avoir obtempéré pour l’instant est Bouygues (faut-il rappeler l’amitié entre le charmant patron et notre nabot national ?), qui a posé un ridicule filtrage DNS sur le domaine principal (les autres domaines liés à ce site fonctionnent très bien). Le danger de ce blocage est donc anecdotique, tant il est facile de le contourner (par ordre croissant de difficulté : utiliser un autre domaine pointant sur le site, entrer directement l’adresse IP à la place du nom de domaine, changer ses DNS pour ceux d’OpenDNS ou Google, passer par un proxy, un vpn, être son propre FAI et paraître suffisamment négligeable aux yeux de la justice pour ne pas recevoir d’injonction de blocage, déménager en Islande…). Mais ce n’est malheureusement qu’un début, et on peut aisément imaginer que la censure (car c’est bel et bien de ça qu’il s’agit) gagnera en expérience, et saura vite se montrer plus pernicieuse (les fervents défenseurs de l’argument « ouais mais j’ai rien à me reprocher » n’auront aucune crainte en sachant que leur FAI observe de façon automatisée absolument tout ce qui se fait sur leur ordinateur…). Censorcheap, n’étant qu’une base de données, n’a pas immédiatement vocation à contourner ces filtrages. Mais à renseigner, à montrer aux censeurs qu’ils sont à leur tour surveillés. Concrètement, comment ça fonctionne ? Il y a une extension à installer sur son navigateur (pour l’instant, seule l’extension Firefox existe, mais il en viendra d’autres. Et si vous avez le bon sens de refuser d’installer des programmes inconnus, le code source est ouvert, et vous pouvez donc vérifier qu’il ne s’agit pas d’un spyware gouvernemental), qui, lorsque durant votre navigation, vous rencontrerez des erreurs indiquant qu’une page ou qu’un domaine n’existe pas, demandera de façon transparente à la base de données si cette URL est connue pour être bloquée (si la requête renvoie aussi une erreur depuis une source « sûre », on considère qu’elle peut être bloquée). Si elle s’avère réellement bloquée (c’est à dire, si elle a reçu suffisamment de reports), l’extension prévient l’utilisateur de la situation. Le but est donc d’informer avant tout. Et de pouvoir vérifier les abus potentiels et hautement prévisibles du gouvernement et de ses pseudo-autorités indépendantes (HADOPI n’est pas loin). Si la censure augmente, la taille de Censorcheap augmentera aussi, et plus d’utilisateurs sauront que ceux pour qui ils ont voté cherchent à les faire taire. En parallèle, les moyens de contournements seront connus de tous (même la Chine ne peut pas l’empêcher), et c’est autant d’armes qui se retourneront contre ceux qui auront voulu bafouer la liberté d’expression.

En bref, je vous invite à, comme je le fais moi-même, jouer le jeu de Censorcheap, installer l’extension, et surtout, vous tenir au courant de l’évolution de ces dangereuses pratiques. Pour cela, PC INpact, Numerama, La Quadrature du Net, les blogs de Bluetouff, Paul Da Silva, Korben, le mien, et Twitter, sur lesquels vous pouvez suivre tout ce beau monde (et qui est diantrement difficile à censurer).

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janvier 22nd 2010

Donnez !

Non, pas à moi. À La Quadrature du Net. Numerama et Korben en parlent bien mieux que moi, mais pour faire simple, la Quadrature, qui s’est battue sans relâche pendant les débats Hadopi, qui lutte encore aujourd’hui contre l’ACTA, l’ARJEL, la LOPPSI (autre lien), a besoin de dons. Car elle n’est pas une société, mais emploie des bénévoles, qui ont besoin de pouvoir vivre en étant impliqués à plein temps dans le lobying démocratique anti-fliquage d’Internet.

Et, tant qu’à faire, préférez donner des sous. Je leur ai proposé des nappes IDE, ils n’ont pas voulu. Et, avant que j’oublie, ça se passe ici. Pour ma part, j’ai donné 50€. Les dons se font via Paypal, au fait.

Et, pour changer de sujet, j’aurais bien voulu octroyer un droit de réponse à une personne chère à mon cœur, qui s’est sentie obligée de réagir vivement à un précédent article en contactant une personne tierce. Mais, sans doute par incapacité d’assumer ses propos, cette personne ne m’a pas autorisé à publier sa réponse légitime. Ce qui est fort dommage, on se serait bien marrés.

Enfin, pour ceux que ça intéresse, sachez qu’une seconde nouvelle dans l’univers de Panlithea est en cours de préparation.

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mars 30th 2009

La désinformation ne passera pas !

Chers lecteurs, je tiens à m’excuser pour ces longs mois d’absence pendant lesquels vous avez tant espéré lire un nouvel article. Je suis là aujourd’hui pour vous rassurer, je m’apprête à vous pondre une charmante déclaration d’amour.

Le thème d’aujourd’hui est le débat parlementaire, s’il peut être nommé de la sorte, qui se tient à notre Assemblée Nationale. Il concerne le projet de loi dite Création et Internet, qui comme chacun le sait, créera une Haute Autorité (HADOPI) – notez que ce terme sonne aussi joliment à mes oreilles qu’ « inquisition » -. Mais je ne vais pas user de ma plume pour hurler mon désaccord profond pour ce texte que je juge, comme beaucoup d’autres, liberticide, extrèmement dangereux pour la liberté d’Internet, inapplicable, obsolète et ne corrigeant pas de problème n’existant pas.

Non, j’ai d’autres préoccuppations pour l’instant : la député de ma belle ville de Nice, Muriel Marland-Militello, également rapporteure pour avis de la commission des affaires culturelles en ce qui concerne ce projet de loi, a tenu de bien charmants propos qui ont vite ébranlé la communauté. Pour resituer, voici un résumé de la situation. Compte tenu des précédents, au niveau de la censure des commentaires (j’avais, peu après la publication de cet article, vivement réagi, mais j’ai été comme beaucoup de monde effacé dans la masse), je préfère publier ici ce que je m’apprête à poster en commentaire de son article. Voici, devant vos yeux ébahis, ma délicate prose :

Bonsoir.

Je tiendrai très simplement à mentionner un fait, dont je n’ose imaginer que vous pourriez le constater.

Premièrement, il est acquis que vous considérez les « personnes responsables de la coupure du site http://www.jaimelesartistes.fr » comme des terroristes. Vous confirmez ce terme. Fort bien.
Pour commencer, ni vous ni moi, ne semble-t-il, n’a eu accès aux logs d’accès au serveur, qui pourraient attester d’une quelconque attaque. En ma qualité de professionnel de l’Internet, je ne peux bien évidemment pas certifier ce qu’il s’est passé, mais je tend à croire qu’il ne s’agit principalement, que d’une charge trop forte, ayant fait dépasser les quotas de bande passante du site, et ainsi sa mise hors ligne. Compte tenu de l’appel au hack de Madame la Ministre (« Vous pouvez y aller, le site est blindé »), il n’est bien sûr pas exclu que certains aient tenté de l’attaquer réellement, sans nécessairement avoir connu le succès dans leur tentative. Cela, tout comme la majorité des internautes, malgré ce que vous pensez croire, je le condamne, tout comme vous. La différence notable est que je me réjouis de la fermeture de ce site, qui selon moi, et comme il a été dit au sein de l’hémicycle de l’Assemblée, nuit à un réel débat parlementaire, dans le sens où, étant donné qu’une opposition fait face à la loi, il convient au minimum d’en admettre l’existence. Je suis par ailleurs convaincu que c’est la position de la majorité des internautes élevés contre vos pratiques.
Ainsi, et bien que je comprenne très bien la volonté de saisir toutes les opportunités possibles pour discréditer toute opposition, qu’elle soit politique ou citoyenne (puisque, malgré le fait que vous tentez de vous excuser en précisant que ceux ayant (supposément) perpétré l’attaque ne sont qu’une poignée, votre première déclaration (ainsi que le communiqué sur le site jaimelesartistes.fr, de nouveau en ligne aujourd’hui) se permet de faire l’amalgame (n’est-ce pas madame la Ministre qui, aujourd’hui même, demandait de ne pas en faire) entre cette poignée d’individus dont on présume une culpabilité sans même savoir si attaque il y a eu, et l’ensembles des Internautes inquiétés par ce projet de loi (qui, étant soumise à un débat parlementaire, ne devrait selon moi pas être considéré comme voté, mais après tout, faire pression et ridiculiser l’opposition est un argument comme un autre).

Maintenant, revenons sur le terme de « terroristes ». Si l’on s’en tient à une définition consultable sur Wiktionary, « terrorisme » signifie « Violence (attentat, assassinats, enlèvements, sabotages…) menées contre des civils, et destinée à frapper l’opinion publique. ».
Un site Internet ne me semble pas appartenir à la caste civile. Hormis l’hypothèse où l’équipe de maintenance du serveur a été grièvement blessée par des éclats du processeur, je ne parviens pas à trouver ce qu’il a pu y avoir de violent dans cette action, qui je le répète, n’est qu’hypothétique. Ni attentat, ni assassinat, ni enlèvement, donc. Sabotage ? Cela pourrait être ce qui s’approche le plus de notre situation, mais, étant donné que si attaque il y a eu, elle a eu pour forme une surcharge du réseau, ce qui n’est en aucun cas un délit (mais plutôt un souci de conception et d’architecture réseau). Donc, pour ma part, il n’y a pas lieu de parler de terrorisme. Ni même d’attaque, sans que celle-ci ait pu être prouvée.

Vous vous étonnez vous-mêmes de la volonté des internautes de se défendre. « Se défendre de quoi ? », vous demandez-vous tout inocemment. Mais se défendre contre cette diabolisation, ces insultes constantes, que vous-même et le ministère répétez, cela aux dépends du débat, qui à vos yeux semble extrèmement futile. Est-ce là votre vision d’une démocratie ? Est-ce ainsi que vous portez la parole de vos électeurs ? Résumer la Quadrature du Net à « cinq gus dans un garage », toute l’opposition politique et citoyenne à « quelques groupuscules de pression », est-ce faire preuve d’un quelconque respect pour ceux que vous prétendez défendre ?

Pour clore ces interrogations, laissez-moi vous indiquer que je suis, comme je l’ai dit plus haut, un professionnel du Web, occuppant la fonction de développeur plus précisément, résidant et travaillant à Nice, votre circonscription.

J’ose espérer que vous porterez à mon message une attention comparable à celle dont vous avez visiblement fait preuve dans les commentaires précédents.

Cordialement

Voilà, c’est fini et posté. Si réponse il y a, je la copierai ici. Joyeux noël à tous, si je ne repasse pas d’ici là.

Edit 1 : assez fou, dirais-je. Le blog de ma chère députée autorise bien les commentaires. Mais son système de captcha est, semble-t-il, malencontreusement décédé, ce qui conduit à une simple impossibilité de poster un commentaire. Je réessaierai régulièrement, jusqu’à envoyer un mail directement si besoin est.

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