Archive for the 'Web' Category

mai 6th 2011

Le web, un danger pour Internet ?

J’aime bien les titres honteusement racoleurs. Et si j’écris celui-ci, c’est pour faire part d’une réflexion plutôt technique sur les usages du réseau des réseaux.

Tout d’abord, pour ceux qui ne seraient pas totalement au fait de la situation, je préfère clarifier les termes suivants :

  • Internet est un réseau. C’est un immense maillage composé de millions de machines (ça englobe aussi bien le serveur au frais dans un datacenter de Google que le vieux PC de madame Michu, en passant par les routeurs de votre opérateur mobile qui vous ment en vous parlant d’Internet sur le réseau 3G). Chacune de ces machines est, du point de vue du réseau, sur le même niveau. Il n’existe aucune hiérarchie technique sur Internet. Par principe, ce réseau est donc neutre (mais sa distribution l’est souvent moins).
    À l’intérieur d’Internet, il y a des protocoles. Plein (la couche TCP/IP). Sur 7 niveaux, les plus élevés dépendant des plus bas. Ainsi, l’Ethernet (qui donne son nom aux cables RJ-45 que vous utilisez probablement pour connecter vos machines sur le réseau) est de niveau 2, dit de liaison. Au-dessus, au niveau de transport (le 4), se trouvent les protocoles TCP et UDP (entre autres). Ces protocoles définissent des ports utilisables par les niveaux supérieurs : la norme veut que certains protocoles applicatifs (mettons HTTP) soient historiquement attachés aux mêmes ports. Ainsi, le HTTP emprunte généralement le port 80 TCP.
  • Le web est grosso modo une application du protocole HTTP(s). Il désigne le transfert par HTTP de sites web, qui sont des ensembles de ressources comprenant essentiellement des pages HTML. Le web est donc une partie d’Internet, mais la réciproque est évidemment fausse.

Maintenant, si on regarde l’évolution d’Internet, on remarque rapidement que le web a pris une importance exponentielle. Il y a 15 ans, il était utilisé pour publier des documents simples. Voilà ce qu’étaient les sites. Aujourd’hui, on publie et visionne des vidéos, on discute avec ses amis, on lit ses mails, on fait ses courses… Les usages n’ont plus rien à voir. Finalement, le web est devenu une sorte de plateforme de déploiement rapide d’applications.

Cependant, j’en viens à me demander si c’est une bonne chose. En informatique (comme en science, en général), les choses aiment bien être à leur place. Et, finalement, ce détournement de l’idée initiale de HTTP est un hack de très grande ampleur. Cependant, faut-il rester sur cet état ? Ne faut-il pas, dans un souci d’optimisation des protocoles, dédier chaque tâche à ce qui est réellement pensé pour elle ? Je pense notamment aux mails. Le mail, ce sont les protocoles POP, IMAP et SMTP (ainsi que leurs variantes encapsulées dans SSL/TLS). Mais un webmail (une page web permettant de consulter ses mails dans un navigateur), c’est du HTTP(s). Là où, lorsqu’on utilise un client logiciel, l’utilisateur utilise directement les protocoles adaptés à son besoin, il va rajouter une couche de HTTP pour joindre son webmail, qui joue le rôle de passerelle. Ainsi, la communication avec le serveur mail est abstraite, et on rajoute un niveau de lourdeur aux requêtes.

Le protocole IP est conçu pour que les paquets puissent emprunter le plus court chemin entre deux hôtes. Je suis convaincu que le même raisonnement devrait être appliqué à ce genre d’applications. Les utilisateurs de webmails justifient souvent leur choix (lorsqu’il est volontaire) par le besoin de pouvoir lire leurs mails en déplacement. Or, le protocole IMAP permet parfaitement de gérer cet usage. Même le POP permet de garder les messages sur le serveur. Et la nature ouverte des protocoles permet d’utiliser l’application cliente de son choix, voire d’en utiliser plusieurs (par exemple, selon l’endroit d’où on se connecte). Ainsi, je ne vois pas ce qui pourrait justifier l’usage d’un webmail face à une application native, d’un point de vue d’utilisateur. On peut arguer que le premier consomme bien moins de ressources, mais personnellement, quand je vois la consommation mémoire de mon navigateur (Firefox), je ne suis pas vraiment d’accord. Le fait est qu’utiliser un webmail rajoute un transport, une couche qui, comme tout logiciel ou protocole, peut avoir des faiblesses. Et, plus on complexifie la communication, plus elle faiblit (en termes de sécurité et performance).

J’ai pris l’exemple du mail, mais ça vaut pour une majorité d’usages qui sont fait du web aujourd’hui : les forums de discussions, les agrégateurs de RSS… Ces usages bénéficient d’un protocole (voire, pour le RSS, d’un simple format). Mais le commerce électronique ? Le microblogging ? Ce sont des applications qui n’existent que sous forme de sites web. Je pense que ces usages mériteraient d’avoir des protocoles propres, et évidemment ouverts, pour optimiser l’usage du réseau.

Prenons l’exemple du e-commerce. Celui-ci obéit à des normes invisibles, qui indiquent par exemple qu’une boutique dispose généralement de liste de produits, de panier d’achat, de procédure de commande. Pourquoi ne pas plancher sur un protocole spécialement pensé pour ça ? Ainsi, une boutique en ligne ne serait plus nécessairement un site web, mais pourrait être une application, et même plus : un utilisateur pourrait utiliser son propre logiciel pour interagir avec les boutiques de son choix, comme on le fait aujourd’hui avec un client mail et n’importe quel fournisseur.

Je pense que cet exemple peut s’appliquer à énormément d’usages actuels du web. Et je pense que le réseau ne s’en porterait que mieux : un protocole direct de e-commerce, ça serait l’assurance de l’interopérabilité, du fonctionnement, de l’optimisation… Par exemple, la plupart des interfaces de paiement en ligne fournies par les banques indiquent, dans leur page d’attente de la validation du paiement « ne retournez pas en arrière, ne rechargez pas cette page ». Pour moi, c’est juste un patch très sale pour dire à l’utilisateur « le protocole que vous utilisez actuellement n’est pas très adapté pour ce qu’on est en train d’en faire ». Dans ce cas, une logique froide voudrait qu’on développe un protocole pour ça, qui n’aurait pas à s’embarrasser d’avertissements de ce genre…

Alors, bien évidemment, la conception, la validation, l’adoption à grande échelle et l’implémentation d’un nouveau protocole est une tâche extrêmement ardue. Mais je ne pense pas qu’il soit sain pour l’avenir de se contenter d’une solution de facilité, qui fonctionne, certes, mais dont la logique n’est pas parfaite.

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février 4th 2011

Déconnexion

Instant culturel : en français, le mot « déconnexion » prend un X, à la différence de l’anglais, où il est écrit « deconnection ». Voilà.

Mon actualité très personnelle m’a poussé à précipiter plusieurs décisions, dont la finalité rappelle l’effet fantasmé d’Hadopi : la coupure. À la différence près que ce n’est pas mon accès à Internet qui sera coupé, mais plusieurs liens sociaux.

Premièrement, et c’est non sans une certaine honte que je le dis, je parle de mon compte Facebook. Oui, je l’avoue, devant vos regards dépités de fans trahis, qui sont en train de se demander où trouver des poupées vaudou à mon effigie, j’avais jusqu’à aujourd’hui un compte Facebook. Non nominatif, présentant peu de données personnelles, mais malgré tout beaucoup trop intrusif. J’ai donc décidé, d’un geste rageur et anticipé d’une semaine, de supprimer purement et simplement ce compte, sans grand espoir d’efficacité concernant la rétention de mes données par ce Big Brother en puissance. Malgré tout, c’est un premier pas, qu’il vaut mieux, je l’estime, faire plutôt que de laisser le service s’insinuer de plus en plus dans notre vie privée. Car j’ai peu de doutes sur le futur de la société, qui vit grâce à la monétisation des données personnelles d’un demi-milliard de braves gens ; étant donné que la popularité d’un réseau est lié exponentiellement au nombre d’utilisateurs dessus, il sera de plus en plus facile pour Facebook de faire adopter des mesures de plus en plus inacceptables (au hasard, le fichage de l’intégralité de la navigation web d’un utilisateur).

Je tiens à relativiser tout de même : tout n’est pas à jeter chez Facebook, et encore moins ce qu’il est : un réseau social, permettant d’échanger statuts, commentaires, photos, évènements, et que sais-je. Aux ermites dans leur caverne qui renient en bloc cette avancée, je répondrai que le réseau social (dont Facebook est l’exemple type) fait évoluer les interactions, au même point que le mail a révolutionné la lettre manuscrite, qu’IRC a révolutionné (sans chercher à le remplacer) le mail… On a entre les mains la nouvelle évolution, il n’y a que la forme sous laquelle elle s’est présentée qui est critiquable. Car si à l’époque le mail n’avait été fourni que par une société privée, sous forme d’une boîte noire sans contrôle, les mêmes problématiques se seraient posées. Il est nécessaire aujourd’hui de fournir une solution propre, et ouverte, à ce besoin de réseau social. Il existe plusieurs candidats à cette demande, dont Diaspora, qui a pour l’instant ma préférence (pour le sérieux de ses créateurs, la méthode de travail employée, la crédibilité du projet grâce à la fantastique levée de fonds de l’année dernière). Mais, et je regrette la pub trop grande qu’il a eu à ce stade, il faut garder à l’esprit qu’il n’est qu’en alpha : il n’est absolument pas utilisable en production (c’est à dire en utilisation quotidienne), mais devrait être réservé à des fins de tests uniquement, en particulier par des développeurs. Je crois personnellement beaucoup en ces solutions, et j’ai hâte de pouvoir profiter à nouveau d’un réseau social, mais en version propre et libre. J’attendrai simplement le temps qu’il faudra pour m’y remettre.

Pour finir sur ce point, je donne à toutes fins utiles le lien de suppression d’un compte Facebook, fort logiquement bien planqué dans les pages d’aide : http://www.facebook.com/help/contact.php?show_form=delete_account. La suppression est effective sous 14 jours, pendant lesquels toute reconnexion annule la procédure. Pour les plus addicts, il faudra faire attention, si vous décidez de supprimer votre compte, à ne pas craquer durant ce délai.

Ensuite, pour revenir à l’introduction de ce billet, ma seconde coupure sociale est un simple changement de numéro de téléphone, qui n’a de notable que de se produire en même temps que la suppression de mon compte précité. Ce sont les raisons qui le sont plus : pour commencer, et depuis que j’ai changé de téléphone il y a 3 mois, j’ai eu envie de tester la fonction tethering d’Android (partage de connexion, ou « option modem »). Je l’ai allumée 3 minutes montre en main, puis coupée, n’en ayant pas l’utilité immédiate. Plusieurs semaines plus tard, j’ai aperçu avec surprise sur ma facture, qu’une « option modem ajustable 500Mo » m’avait été facturée 20€. Sur le coup, après la surprise, j’en ai déduit que le simple fait d’avoir utilisé cette fonction, entraînant éventuellement quelques kilobits de transfert, avait atteint un premier palier de données fixé à 500Mo. Soit. Le problème a été nettement moins amusant le mois suivant, c’est à dire il y a quelques jours : cette fois, j’ai été facturé de 30€, pour, soit-disant, 750Mo consommés. La différence notable étant que je n’ai plus du tout touché au tethering, cette option est donc parfaitement incompréhensible. J’ai évidemment appelé la hotline sans attendre, pour tomber sur un message qui provoque encore aujourd’hui une hilarité incontrôlable :

« Bonjour et bienvenue chez SFR. Tous nos conseillers sont actuellement en ligne, veuillez rappeler dans 48 heures. »

Illustration de mon désarroi

Évidemment, travaillant juste au-dessus d’un magasin SFR, je m’y suis rendu immédiatement, pour constater amèrement que le seul lien entre SFR et les boutiques SFR est le nom : les vendeurs sont incapables de faire quoi que ce soit en relation avec mon contrat, et n’ont pu m’aider, car leur seule marge de manœuvre était d’appeler eux-mêmes la hotline en vacances. Je ne me suis pas dégonflé, et ai contribué régulièrement à saturer leur ligne, jusqu’à tomber par chance, le soir même, sur quelqu’un. La conversation fut passablement électrique, en raison de mon envie de faire brûler à peu près tout le monde. J’expliquai cependant très courtoisement le problème, et patientai tandis que l’opératrice demandait conseil à son supérieur. Quelques minutes plus tard, elle m’annonça joyeusement qu’elle pouvait faire un geste commercial, et me rembourser ces 30€ sur ma prochaine facture, mais qu’il ne fallait pas m’attendre à ce que ça puisse se reproduire la prochaine fois. Pour vous donnez une idée de la tête que j’ai fait à ce moment, référez-vous à l’image précédente. J’expliquai, avec bien moins de courtoisie, que je ne m’attendais pas à un geste commercial, mais à une correction de l’erreur dégueulasse qui apparaissait sur ma facture. Devant l’entêtement de l’opératrice, j’ai trouvé le moyen de faire en sorte que ça ne se reproduise plus, en demandant à être transféré au service résiliation sans plus attendre.

Car, et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle la hotline était injoignable, c’était ce jour-là qu’entrait en vigueur la hausse de TVA, qui permettait à n’importe qui de résilier sans frais son contrat Internet ou mobile (le premier qui parle d’Internet au sujet des forfaits 3G ira me faire le plaisir d’aller dire « coin » sur le chan IRC de FDN). Ainsi, j’ai demandé une résiliation de ma ligne, pour souscrire chez un opérateur qui aurait la décence de ne pas me racketter de la sorte. Me sentant passablement énervé, le téléconseiller a judicieusement évité de tenter de m’arnaquer en me faisant payer de quelconques frais, et m’a promis que la résiliation serait effective sous 10 jours (je n’ai pas encore eu de confirmation, ni par SMS, ni par mail, ni par courrier. Si d’ici quelques jours je n’en ai toujours pas, je me rappellerai joyeusement à leur bon souvenir). Cependant, la portabilité du numéro impliquant d’autres procédures, et étant d’un naturel particulièrement fainéant, j’ai abandonné l’idée de garder mon numéro (l’actuel ayant moins d’un an, il n’avait pas une grande importance pour moi).

Je suis donc dans une phase de recherche de nouvel abonnement 3G, et je suis allé en boutique me renseigner auprès des deux autres membres de la sympathique mafia des télécoms : chez Bouygues et Orange, j’ai eu confirmation que, pour le premier, le tethering était rigoureusement interdit, pour l’autre il était, tout comme chez SFR, surfacturé, au prétexte qu’un octet envoyé vers un ordinateur était plus lourd qu’un même octet envoyé sur un mobile ! J’ai alors pris conscience de l’horreur que représente le « web mobile » pour la neutralité des réseaux, qui est ici bafouée au plus au point (discrimination des données, bridage du débit au-delà d’un quota, interdiction d’une certaine utilisation, écoute des paquets pour lire l’user agent du navigateur afin de surfacturer, et je passe sur le réseau NATé, qui n’a strictement rien de ce qu’on peut appeler Internet). Il est vraiment temps que Free Mobile arrive dans le marché pour massacrer les ententes entre les 3 opérateurs. Je ne m’attend pas vraiment à ce que Free offre ensuite du vrai Internet mobile, mais j’ose croire qu’ils changeront pas mal de choses. En attendant, je ne me suis pas fixé sur un opérateur, et je reste ouvert à toute remarque pour m’aider à en choisir un qui soit suffisamment respectueux de son client et du réseau.

Ainsi donc, me voilà coupé, en partie malgré moi, de certains contacts. Mais, comme je l’ai déjà dit ailleurs que sur ce blog, il existe encore une petite infinité de méthodes pour me joindre : par ce blog, par mail (auto-hébergé sur le domaine de ce blog), sur Jabber (gordontesos@jabber.gordontesos.com), via Twitter même si je l’utilise essentiellement de façon professionnelle, voire en m’invitant à boire un coup, ou à me goinfrer au restau (j’invite aussi, hein). J’espère que cette situation rappellera que les moyens de contact ne se font pas exclusivement sur Facebook, que le vrai mail ne se termine pas en @gmail.com, et que le mot « social » existe depuis bien plus longtemps qu’Internet.

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août 25th 2010

Censorcheap – sponsorisé par Paul le Poulpe

Les plus avertis d’entre vous(nous) le savent déjà, Censorcheap vient de sortir. Mais qu’est-ce que c’est donc ? Le dernier projet de Paul Da Silva est une base de données communautaire de la censure d’Internet dans le monde. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que, dans plusieurs pays, les gouvernements cherchent à empêcher aux citoyens d’accéder à certains sites, pour diverses raisons (endiguer la pédophilie dans le monde, se faire du blé, taire toute possibilité de critique ou d’opposition politique…). En France, ça vient d’arriver, avec l’ARJEL, qui a dangereusement ouvert la boite de Pandore, en faisant bloquer un site de pari en ligne (stanjames.com, profitez bien du fait que ce lien fonctionne). Le tribunal a en effet exigé que les FAI (du moins, les 7 plus gros) emploient tous les moyens possibles pour bloquer l’accès à ce site (sans la moindre promesse de dédommagement des FAIs, en gros c’est « démerdez-vous, si vous n’obéissez pas, on vous fera payer comme des gorets ». C’est évidemment une très lourde violation de la neutralité du net, mais aussi et surtout une porte ouverte à d’autres dérives dictatoriales (les syndicats de l’industrie musicale ont déjà dit, à propos d’un filtrage de sites pédopornographiques « si on peut le faire pour la pédophilie, on peut le faire pour la musique »).

Quoi qu’il en soit, et pour revenir à Stanjames.com, le premier (seul ?) FAI à avoir obtempéré pour l’instant est Bouygues (faut-il rappeler l’amitié entre le charmant patron et notre nabot national ?), qui a posé un ridicule filtrage DNS sur le domaine principal (les autres domaines liés à ce site fonctionnent très bien). Le danger de ce blocage est donc anecdotique, tant il est facile de le contourner (par ordre croissant de difficulté : utiliser un autre domaine pointant sur le site, entrer directement l’adresse IP à la place du nom de domaine, changer ses DNS pour ceux d’OpenDNS ou Google, passer par un proxy, un vpn, être son propre FAI et paraître suffisamment négligeable aux yeux de la justice pour ne pas recevoir d’injonction de blocage, déménager en Islande…). Mais ce n’est malheureusement qu’un début, et on peut aisément imaginer que la censure (car c’est bel et bien de ça qu’il s’agit) gagnera en expérience, et saura vite se montrer plus pernicieuse (les fervents défenseurs de l’argument « ouais mais j’ai rien à me reprocher » n’auront aucune crainte en sachant que leur FAI observe de façon automatisée absolument tout ce qui se fait sur leur ordinateur…). Censorcheap, n’étant qu’une base de données, n’a pas immédiatement vocation à contourner ces filtrages. Mais à renseigner, à montrer aux censeurs qu’ils sont à leur tour surveillés. Concrètement, comment ça fonctionne ? Il y a une extension à installer sur son navigateur (pour l’instant, seule l’extension Firefox existe, mais il en viendra d’autres. Et si vous avez le bon sens de refuser d’installer des programmes inconnus, le code source est ouvert, et vous pouvez donc vérifier qu’il ne s’agit pas d’un spyware gouvernemental), qui, lorsque durant votre navigation, vous rencontrerez des erreurs indiquant qu’une page ou qu’un domaine n’existe pas, demandera de façon transparente à la base de données si cette URL est connue pour être bloquée (si la requête renvoie aussi une erreur depuis une source « sûre », on considère qu’elle peut être bloquée). Si elle s’avère réellement bloquée (c’est à dire, si elle a reçu suffisamment de reports), l’extension prévient l’utilisateur de la situation. Le but est donc d’informer avant tout. Et de pouvoir vérifier les abus potentiels et hautement prévisibles du gouvernement et de ses pseudo-autorités indépendantes (HADOPI n’est pas loin). Si la censure augmente, la taille de Censorcheap augmentera aussi, et plus d’utilisateurs sauront que ceux pour qui ils ont voté cherchent à les faire taire. En parallèle, les moyens de contournements seront connus de tous (même la Chine ne peut pas l’empêcher), et c’est autant d’armes qui se retourneront contre ceux qui auront voulu bafouer la liberté d’expression.

En bref, je vous invite à, comme je le fais moi-même, jouer le jeu de Censorcheap, installer l’extension, et surtout, vous tenir au courant de l’évolution de ces dangereuses pratiques. Pour cela, PC INpact, Numerama, La Quadrature du Net, les blogs de Bluetouff, Paul Da Silva, Korben, le mien, et Twitter, sur lesquels vous pouvez suivre tout ce beau monde (et qui est diantrement difficile à censurer).

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août 2nd 2010

L’Atild, ou « comment tirer contre son camp »

Ce titre vous est sponsorisé par Jérome Bourreau-Guggenheim. Et ne parlera pas de lui, mais de l’Atild, ou « Association pour le Téléchargement sur Internet et la Libre Diffusion », dont le nom en lui-même évoque des concepts que ses membres et fondateurs ne respectent pas.

Vous avez peut-être entendu parler de l’affaire Wawa-Mania, qui pour rappel, était partie d’un billet dans lequel Bluetouff dénonçait le soutien aveugle de certains (journalistes y compris) au fondateur d’une « board warez », Wawa-Mania pour ne pas la citer, poursuivi pour cette activité. Pour reprendre l’argument de Bluetouff, la problématique de l’affaire est que Zac (le fondateur donc) gagnait de l’argent en favorisant l’échange d’œuvres de l’esprit, et ce bien sûr sur le dos des artistes et ayant-droits. Suite à ça, on a pu assister à une véritable levée de boucliers d’une association, l’ATILD, créée par l’employeur de Zac chez AB Conseil (également un membre influent de la ligue ODEBI, pas la société, son patron), entre autres, qui s’était faite connaître quelques jours auparavant pour une opération « coup de poing » contre l’ALPA (vous savez, ceux qui spamment les DVDs de messages vous promettant une mort atroce si vous copiez les films – oui oui, sur les DVDs que vous avez achetés). Le dialogue constructif qu’on aurait pu attendre de gens défendant à priori les mêmes valeurs n’a pas eu lieu, et les interrogations de Bluetouff lui valurent un DDOS bourrin, qui affecta d’ailleurs un certain nombre d’autres sites qui n’avaient rien à voir avec cette histoire. DDOS revendiqué par des membres de Wawa-mania, et encouragé par l’ATILD. Je dois bien dire que cela me met particulièrement mal à l’aise : une association défendant la libre diffusion et le partage s’abaisse à faire taire un blogueur influent, connu pour ses prises de position pour la culture libre, le partage et la lutte contre les atteintes aux libertés. Faire tomber à coup de DDOS un site de propagande financé par le contribuable (et dont le prix me semble beaucoup trop suspect pour ne couvrir que son développement) est une chose, interdire la parole à un blogueur parce qu’il a osé nous critiquer en est une autre, qui est intolérable, tout comme l’encouragement de telles pratiques. Ne pas être capable de répondre aux accusations du blogueur est également une honte, qui ne fait que donner plus de poids à sa méfiance envers l’ATILD/Wawa-mania.

Enfin, j’ai beau prendre un plaisir certain à écrire des billets à côté de la plaque, et complètement sortis de leur contexte d’actualité, mais il y a une chose en particulier, que j’ai trouvé personnellement si aberrante qu’il me semblait important d’y répondre, même si ça n’en vaut pas vraiment la peine. Quelques semaines après la fin de cette affaire, alors que Bluetouff avait fort heureusement, et contrairement à ce qu’il avait laissé entendre, repris son blog, l’ATILD a publié ce qu’on peut qualifier d’attaque gratuite digne d’un nouveau-né. Vous pouvez lire cette diarrhée ici. On peut donc admirer un walloftext sans le moindre argument, qui se permet de diffamer Bearstech (l’employeur de Bluetouff – d’ailleurs, écorcher un nom comme ils l’ont fait sur le site est juste risible), de fouiller sommairement dans les affaires de sa famille (comme les affiliations de son père), de la mise à dos systématique de tous les sympathisants à Bluetouff (qui sont mine de rien tous les médias spécialisés et influents dans ce domaine).

Alors les mecs, il y a un ou deux trucs à comprendre :

  • quand on prétend défendre le partage et la libre diffusion, on essaie de le faire sérieusement, par exemple en se rapprochant d’organismes qui agissent réellement
  • si le but de l’association est de défendre les citoyens contre les ayants-droits, que ça soit clairement dit. Ce serait une très bonne chose en soi (tant qu’on ne met pas dans le même panier l’internaute « normal » qui partage sa musique comme tout le monde, et le mec qui se fait de l’argent sur du trafic de ce genre), mais la description de l’association n’est pas claire.
  • quand on veut défendre les citoyens dans des affaires médiatiques, il faut savoir se servir des médias. Vous avez su le faire dans une certaine mesure avec PC INpact, ou avec le Nouvel Obs, mais vous vous êtes grillés comme des débutants, simplement en vous attaquant à un blogueur apprécié de toute la communauté. Que ce soit sur Numerama, que vous pourriez vous permettre d’insulter si vous aviez la moindre influence, ou sur RWW ou PCI, vous n’êtes plus que des guignols. Ce qui évidemment nuit aux personnes que vous défendez.
  • Même chose au niveau politique; c’est cool de mépriser la droite par principe, mais oubliez-vous Nicolas Dupont-Aignan, fervent opposant à l’HADOPI, et pourtant homme de droite ? Et Lionel Tardy, Christian Vanestre ? Est-ce intelligent de les renier alors qu’ils partagent plus votre cause que certains hommes de gauche ? Votre rejet stupide de la moitié du paysage politique nuit d’autant plus à vos prétendues valeurs. Si un internaute de droite en appelle à votre soutien, recevra-t-il un crachat à la figure en guise de réponse ?
  • Un professionnel doit-il refuser des clients sur le principe de leurs convictions politiques ? La position que vous tenez ici est celle de TF1 ayant licencié Jérome Bourreau (hop, j’ai trouvé mon lien avec le titre) parce qu’il a eu des opinions contraires. Personnellement, mes clients sont des clients, je ne parle pas de politique avec eux, et ça n’a d’ailleurs pas lieu d’être autrement. Alors pourquoi reprocher à Bluetouff de travailler pour des clients affiliés UMP ? Ou même à Bearstech de ne pas sélectionner les sites qu’ils hébergent arbitrairement ? Je ne vois pas en quoi l’argument « il faut bien gagner sa vie » est illégitime. Et surtout, en quoi il concerne l’affaire Wawa-mania. Travailler pour un client est tout ce qu’il y a de plus légal. Favoriser le partage illégal (même si, comme vous et beaucoup d’autres, je souhaiterais que l’échange non commercial soit libre), et surtout, engranger des bénéfices de cette activité, est complètement différent, et il serait temps de s’en rendre compte.
  • « Fais gaffe Olivier, à vouloir faire du buzz, on passe vite pour un mec qui n’a que de la gueule. » Cette phrase peut parfaitement se retourner contre son rédacteur. L’ATILD a voulu jouer au plus malin, malheureusement, n’ayant aucun impact médiatique, c’est vous qui passez pour des blaireaux.
  • Parler de trahison dans ce cas est juste risible. Qui Bluetouff a-t-il trahi ? Il a toujours défendu le Libre et le Partage, et le fera bien longtemps après que votre association de boyscouts se soit dissoute. Ses opinions ont toujours été claires et nettes, contrairement aux votres. Par contre, défendre les bénéfices persos d’une seule personne, ça nuit à toute la communauté du partage libre.
  • « Une petite trouvaille… Olivier LAURELLI fait partie de la société Bearstech. » Une seule chose à dire : bravo les mecs. Vous avez mis combien d’agents sur le coup pour découvrir ça ? Ça n’a pas été trop dur de kidnapper des gars des renseignements pour ça ?
  • Relever que Bluetouff réclame le respect de la licence GPL, c’est à dire la citation de l’auteur, vous croyez que ça lui nuit ? Faut vraiment que vous sachiez que dans le Libre, il y a des règles quand même. Bluetouff a parfaitement raison d’exiger qu’elles soient respectées, lui qui choisit de ne pas restreindre la diffusion de ses articles. C’est bon à savoir quand on prétend défendre la « libre » diffusion.

Pour finir en beauté, je vous conseille de lire cet article qui complète bien ce que j’ai dit (les commentaires sont épiques).

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mai 31st 2010

Je hais Apple

Ceci, très cher lecteur (l’emploi du singulier n’est pas une erreur, je suis mon seul lecteur), est une déclaration de guerre au monde de l’agro-alimentaire végétal anglophone. Non, attendez, c’est pas ça. Je voulais parler d’Apple, la société, celle qui, il y a moultes années de cela, axait ses publicités sur un message anti-Big Brother.

Apple cay pourri lol

Milles excuses tout d’abord, j’arrive un peu tard pour faire mon coup de gueule à la mode. Mais pour tout dire, c’est la goutte de Jack Daniels qui a fait déborder le verre qui me pousse à écrire ceci. Concrètement, l’arrivée bien malgré moi d’un iTéléphone dans le ménage familial. Je regrette d’ailleurs qu’Apple soit, il faut bien le reconnaître, le roi incontesté du marketing, au point de réussir à créer un besoin frénétique pour ses produits. A quoi vous fait penser une paire d’écouteurs blancs ? A un iPod. Que reconnaissez-vous dans cet objet rectangulaire et plat dans la main d’un passant ? Un iPhone. Apple a redoutablement su s’imposer sur le marché, imposer son design dans les esprits, et se créer une communauté de fans prêts à mourir pour défendre l’honneur de leur marque. Mais ce que je déplore, c’est que derrière cette maîtrise du monde de la publicité, la politique d’Apple soit particulièrement Orwellienne.

Nous sommes d’accord, Apple est une société, dont le but est évidemment d’engendrer du profit. Et elle ne force personne à acheter ses produits. Cela ne devrait pas pour autant donner le droit de considérer à ce point ses utilisateurs comme des pantins. Car quand on achète Apple, on doit être Apple, penser Apple (et, accessoirement, consommer Apple). Vous avez acheté un superbe baladeur MP3 iPod ? Il vous sera sommé d’utiliser exclusivement un logiciel fourni par Apple pour le gérer : impossible d’utiliser votre lecteur comme un périphérique de stockage USB (par ailleurs, l’appareil n’est pas doté de port USB, préférant opter pour une connectique fermée et propriétaire, histoire de ne pas donner la possibilité d’utiliser n’importe quel câble standard). Vous aviez l’habitude de stocker des documents OpenOffice dans votre lecteur, pour l’utiliser comme une clé USB ? N’y comptez plus, vous avec un baladeur, Apple ne veut pas que vous l’utilisiez autrement.

L’Apple Store est d’ailleurs pour moi l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire, dans le sens du web, tel que je le défend du moins. Le Web, et la philosophie du Libre qu’il véhicule malgré tout (les protocoles étant à la base du Web étant ouverts, ce qui a permis son expansion). Tout le monde s’accorde à considérer (hormis ces salauds de développeurs Flash qui pourrissent le Web) qu’un site web est une entité ouverte, écrite et présentée dans un format standard (le HTML et ses dérivés), appuyé par d’autres standards tels que CSS, Javascript, XML, formats d’images ouverts, etc… Ce qui rend possible la lecture d’un site par n’importe quel terminal, qu’il s’agisse d’un navigateur propriétaire ou libre, destiné aux déficients visuels ou mentaux (dans le cas d’IE). Bref, un éditeur de site web n’a pas le droit de restreindre l’accès à son site à un terminal particulier. Chez Apple, c’est l’inverse : vous avez tout un tas d’applications, toutes plus inutiles les unes que les autres (mention spéciale à l’application IKEA, modèle d’innovation et d’ergonomie, qui n’est en fait qu’un fichier PDF empaqueté dans un lecteur, ce qui : *rend impossible la lecture du fichier par tout autre moyen, *ne permet pas de lire d’autres fichiers. Pour faire l’analogie, c’est comme si vous disposiez d’un navigateur web complet mais incapable, car restreint techniquement, d’aller sur un autre site que www.gordontesos.com. Oui, moi aussi ça me perturberait profondément.) qui sont, d’une part parfaitement non interopérables, d’autre part poussées par un modèle économique qui consiste à considérer que la moindre ligne de code bugguée vaut du pécule. Donc, tous les développeurs cherchent à monétiser coûte que coûte leur application de merde. Le mot n’est d’ailleurs pas choisi au hasard, il vous faudra soit débourser, soit vous taper de la publicité envahissante si vous voulez bénéficier de la superbe application qui vous fera briller en société, celle qui imite des bruits de flatulences. Non mais franchement, chercher à monétiser un truc pareil, c’est loin d’être dans mes principes. Je ne devrais pas m’y intéresser, n’étant pas client, ou plutôt fidèle, d’Apple. Mais je crains que l’engouement médiatique pour ce marché l’étende à des milieux qu’il ne devrait jamais salir, à savoir le web et le vrai monde logiciel. Je me plais beaucoup en ce moment à faire des parallèles avec le monde du logiciel libre, aussi vais-je en faire une ici, pour mon plaisir personnel : une application est développée pour répondre à un besoin, que connaît généralement bien le développeur. Ainsi, il a le besoin naturel que son application soit fonctionnelle. Si elle ne l’est pas, personne ne l’utilisera, pas même lui. Il y a donc une sélection naturelle par la qualité. Chose que ne semble pas connaître l’Apple Store, où des applications, soi-disant strictement contrôlées par la bonne morale puante d’Apple, fleurisent jour après jour, sans pour autant ajouter de la qualité à l’ensemble. Il y a certes une poignée d’apps qui se détachent du lot, ce qui est une excellente chose, mais les développeurs conçoivent les applications dans un but uniquement financier. Ce qui, il faut l’admettre, atteint souvent son but, mais encrasse plus qu’autre chose le pool d’applications.

Outre ce problème-là, il y a celui que je viens de citer, qui est la position quasi-divine qu’Apple s’octroie sur son store : vade retro, sale développeur libriste, ici l’interopérabilité est interdite. Les CGU d’Apple interdisent explicitement d’utiliser le langage ou la librairie de son choix, tout doit se faire nativement en Objective C. Ton application est tout de même portée sur un autre système, ou est elle-même un portage ? Interdiction, par le biais de l’application même ou de sa description dans le store, d’évoquer l’existence des autres versions. Ton application permet, éventuellement, si l’utlilisateur le souhaite, de voir un bout de nichon ? À la trappe, mécréant (je citerai évidemment en exemple cette application, qui est un lecteur de BDs, qui lors de son arrivée sur le store, permettait de lire une BD érotique, ceci indépendamment de la volonté du développeur de l’application, qui n’est qu’un outil. Apple a cru bon de supprimer l’application sans plus de ménagement). Ton application est un navigateur web performant, stable et innovant ? Allez, soyons zélés, et qui propose impose un filtre parental anti-porn… Elle ne sera pas acceptée, sous le prétexte qu’il y a déjà un navigateur intégré. Quid de la concurrence, vecteur d’innovation ? Ce charmant Steve Jobs s’en essuie les iFesses.

Concernant le système même, il a toujours été vendu comme une innovation, voire une révolution. Je veux bien admettre que le tactile multipoint doit beaucoup à l’iPhone, mais un système qui, à son lancement, et à l’inverse de tous ses concurrents, ne permettait ni de filmer, ni d’envoyer des MMS, ni de copier/coller du texte, ni de lancer plusieurs applications à la fois, ni de profiter du multitâche est loin d’être innovant. A cette heure, ces deux dernières fonctionnalités, pourtant indispensables à une utilisation moderne d’un appareil de ce type, ne sont toujours pas implémentées (le multitâche est censé arriver d’ici un mois, paraît-il). Effectivement, on me dira qu’il est possible de jailbreaker l’appareil pour profiter d’applications en s’affranchissant du joug d’Apple, ce qui est une excellente chose, mais c’est la volonté de contrôle d’Apple qui est ici critiquable. Par ailleurs, aussi hackable que puisse l’être l’appareil (c’est à dire pas des masses), le matériel n’en reste pas moins ultra-fermé : impossible de changer ou retirer la batterie, aucun port standard, tel que de l’USB… Pour moi, il est inacceptable qu’en achetant un appareil, il ne nous appartienne pas au point de pouvoir en faire ce qu’on veut.

Finalement, l’article est un peu plus d’actualité que ce que je pensais, car, ayant été commencé il y a plusieurs semaines, il ne sera publié qu’aujourd’hui, c’est à dire peu après la sortie plus-ou-moins-mondiale de l’iPad, appareil redoutablement inutile s’il en est. Si vous vivez dans une grotte, et que mon blog est votre seule source d’actualité (saint homme), sachez qu’il s’agit ni plus ni moins d’un iphone en 4 fois plus grand. Et sans téléphone. Et bien sûr, ce bidule extra-cher a été annoncé et vendu comme une merveille de technologie. Pour tout dire, il partage l’OS de l’iPhone, et n’a donc pas de multitâche. Point. Je déplore tout de même l’INpact médiatique que ça a pu avoir, à tel point que deux de ces saloperies sont arrivées au bureau (je passe le bonjour aux fanboys qui me liront, et qui s’empresseront, je l’espère, de troller en commentaires).

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février 23rd 2010

Enlarge your browser

Je l’avais promis. Et je tiens mes promesses. Suite donc au billet de Tristan Nitot, et surtout à l’actualité, il me semble intéressant de donner mon avis éclairé sur ce domaine. Domaine qui est le choix pour l’utilisateur d’un navigateur web.

Un navigateur web, c’est quoi ? Si vous vous posez cette question, éteignez votre ordinateur et n’allez plus jamais sur Internet avant d’avoir appris ce qui me semble être des bases vitales. Je vais quand même le rappeler : un navigateur web, c’est un logiciel capable d’interpréter les langages composant ce qu’on appelle communément « le Web ». C’est à dire le HTML (langage de présentation, permettant de définir des documents textuels « hypertextes », donc pourvus de possibilités de navigation), le CSS (permettant d’appliquer des styles sur les pages écrites en HTML), le Javascript (langage de script permettant d’interagir sur une page, par exemple en modifiant le contenu), ainsi que divers autres standards (comme le SVG, langage basé sur le XML et permettant de décrire des illustrations vectorielles). Il lui incombe également de gérer le protocole HTTP, permettant de communiquer avec un serveur pour recevoir les différentes ressources (HTML, CSS, Javascript, ou images…). Ça, c’est pour le côté technique. Du côté de l’utilisateur, ça se présente comme une interface permettant d’entrer une adresse, de retourner à la page précédente (ou suivante), de recharger une page, d’enregistrer des « marque-pages », c’est à dire des pages dont on veut retenir l’adresse, ou encore de naviguer sur plusieurs pages en même temps. Voilà la vision actuelle des choses.

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février 4th 2010

Petite info rageuse

Chers auditeurs des yeux, bonsoir.

Je souhaiterais vous informer que l’univers, que dis-je, la saga, entourant la nouvelle La Catatélie, et bientôt une seconde, nommée (Tadaaaa) Néo-Gælith, vient de changer temporairement de nom. Pour être honnête, j’avais cette idée en tête depuis un certain temps, et un incident fâcheux s’est produit récemment, m’incitant à ce changement. Avant que j’oublie, sachez donc que cette saga a dès aujourd’hui pour nom Pailithea Panlithea. Oui je sais, ça ne fait qu’une lettre de différence, mais le sens est maintenant bien différent, et colle plus à ce à quoi il est destiné (vous le saurez très bientôt).

Mise à jour : Je n’avais pas pris le temps de le préciser, mais je reviens finalement sur ma décision de changer le nom de mon univers : ce nom existe depuis juin 2006, et je n’ai nullement l’intention de le céder, et surtout pas à une personne telle que Frantz Koenig, contre laquelle je mettrai tout en œuvre pour récupérer ces domaines qui, selon moi, me sont dus. Dans le « pire » des cas, j’utiliserai un nom de domaine alternatif pour parler de Panlithea.

Maintenant, j’aimerais éclaircir la raison sus-dite, à propos de ma décision de changement de nom. Comme je l’ai déjà dit, j’ai l’intention d’écrire plusieurs nouvelles, voire romans, autour de l’univers de Panlithea. A terme, il serait donc préférable de pouvoir réunir les écrits ailleurs que sur un blog de développeur. Ainsi, j’ai voulu, une semaine après la publication de La Catatélie, déposer des noms de domaine au nom original de ma saga (qui était alors Panlithea). Or, j’ai pu constater avec un certain amusement ceci :

Pour les moins sys-admins d’entre vous, laissez-moi vous expliquer la situation : alors qu’il est aisé de constater que La Catatélie, qui pour la première fois introduisit le nom Panlithea, fut publiée le 18 janvier 2010, 3 jours plus tard, le 21 donc, un certain Frantz Koenig a déposé le nom de domaine panlithea.com. Un rapide coup d’œil sur Gandi nous montre également ceci :

Vous pouvez donc constater que 6 noms de domaine, d’ailleurs, ceux présentant les extensions (TLD) intéressantes, ont été déposées. En effectuant un whois sur chacun d’eux, nous constatons qu’ils ont tous été déposés le même jour, par la même personne (le nom n’est pas divulgué pour certain, mais il s’agit effectivement de la même personne). Si vous êtes malin, vous pouvez deviner qu’il s’agit d’une personne dont j’ai déjà dit beaucoup de bien, et qui, ce même jour, s’est permis de se plaindre de mes propos, non pas en me contactant directement (il a mon numéro, d’ailleurs il ne se gêne pas pour le fournir à ses clients), mais en allant chialer sur le formulaire de contact de mon père. J’ai déjà brièvement parlé de cet incident risible, et, malgré ma volonté de publier ce mail pour de simples raisons de transparence et d’honnêteté, ce brave homme pouvant bénéficier de son droit de réponse légitime, il a refusé que je publie ça, même en corrigeant ses fautes d’orthographe. Si je vous raconte ça, c’est que cela a eu lieu… le 21 janvier, vous l’avez deviné. Ce qui vous en dit long sur la persécution dont le pauvre est victime.

Quoi qu’il en soit, il a déposé 6 noms de domaine associés au nom que j’avais créé, et actuellement, seul le .com affiche quelque chose, montrant une illustration faisant probablement la fierté de son créateur, faute de mieux. Les autres pointent dans le vide, enfin plus précisément sur un webmail OVH. Croyez-vous à une coïncidence, chers lecteurs ? Croyez-vous qu’un trait de génie ait transpercé cette personne, au point d’imaginer un mot, 3 jours après que je l’aie moi-même créé et publié, au point qu’il décide immédiatement de déposer 6 noms de domaine (alors que lui-même ne possède qu’une extension pour son propre site), et n’utilise pas ces domaines ? Moi pas.

J’ai longtemps réfléchi à des moyens de faire monter la surenchère, de chercher à lui nuire à mon tour, mais finalement, je préfère me dire qu’il a payé des noms de domaine pour rien (vu qu’il ne les utilisera probablement jamais), et que je continue à écrire de mon côté. Évidemment, j’ai au moins appris la leçon à ce niveau, et déposé les noms de domaine Pailithea.com et Pailithea.fr. J’y hébergerai certainement bientôt un blog, qui publiera tous les récits liés à cet univers.

Ceci dit, malgré le fait que je fasse preuve de sagesse en ne surenchérissant pas à cette attaque minable, cela ne vous empêche pas de contacter cette personne (ce qui est assez facilement trouvable), et que vous lui fassiez comprendre ce que vous pensez de ça. Je ne veux pas savoir les moyens, hein, je demande juste qu’il sache que j’ai des lecteurs qui seraient probablement mécontents de voir qu’on cherche à nuire à ma création.

Edit : ha, et un petit ping pour qu’il n’oublie pas de venir lire.

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janvier 22nd 2010

Donnez !

Non, pas à moi. À La Quadrature du Net. Numerama et Korben en parlent bien mieux que moi, mais pour faire simple, la Quadrature, qui s’est battue sans relâche pendant les débats Hadopi, qui lutte encore aujourd’hui contre l’ACTA, l’ARJEL, la LOPPSI (autre lien), a besoin de dons. Car elle n’est pas une société, mais emploie des bénévoles, qui ont besoin de pouvoir vivre en étant impliqués à plein temps dans le lobying démocratique anti-fliquage d’Internet.

Et, tant qu’à faire, préférez donner des sous. Je leur ai proposé des nappes IDE, ils n’ont pas voulu. Et, avant que j’oublie, ça se passe ici. Pour ma part, j’ai donné 50€. Les dons se font via Paypal, au fait.

Et, pour changer de sujet, j’aurais bien voulu octroyer un droit de réponse à une personne chère à mon cœur, qui s’est sentie obligée de réagir vivement à un précédent article en contactant une personne tierce. Mais, sans doute par incapacité d’assumer ses propos, cette personne ne m’a pas autorisé à publier sa réponse légitime. Ce qui est fort dommage, on se serait bien marrés.

Enfin, pour ceux que ça intéresse, sachez qu’une seconde nouvelle dans l’univers de Panlithea est en cours de préparation.

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décembre 4th 2009

Parlons de vous…

Je vous ai bien eu, chenapans ! Non, je ne parlerai pas de vous, mais d’eux. J’entend par là les personnes avec qui j’ai pu travailler ces derniers temps. Ou pas si derniers, étant donné la fréquence de mises à jour de ce blog.

Pour commencer sobrement, voici naturoforme.fr. Naturoforme est le site de présentation d’un naturopathe, dont l’activité s’apparente visiblement à l’art d’ôter la vie à des innocents par le biais de plantes ou de méthodes naturelles : ingestion de scorpions, strangulation à la liane, tortures à l’hortie, et moultes techniques ninjas permettant de tuer en appuyant à divers endroits rigolos sur le corps.

Mais comme tout bon assassin, celui-ci prétend que son art repose sur les soins naturels, à base d’huiles essentielles (ingénieux terme utilisé pour cacher le fait qu’il se débarrasse des corps en les arrosant d’essence, puis en lançant dessus un félin embrasé), de remèdes à base de plantes (empoisonnées, est-il nécessaire de le préciser), de diverses manipulations manuelles sur la viande des victimes, pardon des patients… Suivez mon conseil, posez-vous des questions la prochaine fois qu’on vous parle d’acupuncture, et que votre praticien est affilié à un boucher, et passe ses dimanches à la chasse.

Ceci dit, force est d’admettre que je ne suis pas peu fier d’avoir un tueur en série dans ma famille. Car oui, il s’agit de mon père (qui, comme tout bon assassin, a le bon goût de pouvoir aveugler ses victimes en faisant réfléchir la lumière du soleil sur son cuir non chevelu), que j’ai massivement arnaqué aidé dans le déploiement de sa nouvelle activité, en concevant son site. Celui-ci ne présente rien de bien particulier, je ne me suis pas chargé de la partie graphique, préférant reléguer cette tâche.

edit : alors que je voulais initialement glisser une référence obscure, dans le but de ne pas porter directement atteinte à une personne en la citant explicitement, je me suis rendu compte que le lien était en fait évident, étant donné que le site Naturoforme indique précisément ses auteurs. Suite à la demande (peu cordiale) de la personne concernée, je retire donc le paragraphe qui en fait référence.

Avant que j’oublie et que je passe à un autre sujet, je tiens toutefois à faire remarquer la navigation fluide sur le site Naturoforme. Comme vous pourrez le remarquer en visitant le site, car je sais que vous allez le faire, les pages se chargent avec un bel effet de fondu. Concrètement, c’est de l’AJAX, mais intégré de façon (quasi) totalement transparente : quasiment aucune modification côté affichage ou serveur n’est requise, seulement une inclusion de fichier, une classe CSS sur les liens internes à « ajaxer » (j’aurais pu l’améliorer et cibler automatiquement tous les liens internes, sauf les exceptions protégées, elles, par une autre classe), et environ 5 lignes de code sur chaque page côté serveur. Et paf, pastèque, tout le site est en AJAX ! Ça marche aussi pour les formulaires, ce qui est bien plus utile : on valide le formulaire en direct, les éventuelles erreurs sont affichées immédiatement sans perdre le reste de la page, et tout est beau et les oiseaux gazouillent gazouillent. Pour l’effet de fading, c’est appliqué sur tous les liens, pour le fun.

Bon, concrètement, l’utilité sur ce site est purement visuelle. Il faut néanmoins savoir que la navigation sans Javascript est parfaitement fonctionnelle, et c’est là que mon système est, à mes yeux, intéressant. Aucun INpact négatif sur le référencement à cause de l’AJAX (Google et autres ne suivant pas le fonctionnement de l’application JS). Pour l’anecdote, ce système avait été initialement développé pour un site présentant un lecteur audio, et donc le visiteur devait pouvoir naviguer librement sans perdre la chanson qu’il écoutait.

Ça fait un moment que j’écris sans illustrer mon propos, donc voici une random image :

Random Encounter

Random Encounter

Ce n'est certainement pas un caillou.Nous allons maintenant passer à autre chose. Il ne me semble pas avoir encore parlé d’Evelyz, graphiste/illustratrice très douée, importée d’Ardèche, et semi-poilue. J’ai eu le plaisir de travailler avec elle, jusqu’à ce qu’un rachat peu scrupuleux de société l’évince avec bien peu de ménagement (et que j’en profite pour démissionner en laissant tout le monde dans la merde, haha quelle rigolade). Je l’ai aidée à déployer un fort joli blog, que je suis fier aujourd’hui de présenter, l’occasion m’en étant donnée par la découverte de la page « crédits » de son blog, illustrée tout comme le reste du site. Avec l’aimable autorisation de l’artiste, je publie ici une partie de cette illustration, représentant votre peu aimable hôte (je pourrais faire une blague avec « host », mais il est probable que ce soit à peu près aussi drôle qu’un « Snoop doggy dog, alors qu’est-ce qu’on attend ?« , donc je m’abstiendrai pour cette fois).

Quoi qu’il en soit, je remercie bien aimablement Evelyz pour cette superbe illustration, malgré le fait qu’elle m’ait honteusement dépeint comme Ubuntero, et également pour son blog, qui est un délice pour les yeux.

Sans transition, on passe à la suite, avec un peu de pub. Pas réellement, en fait, mais c’est gratuit, je suis comme ça moi, je partage mes adresses. Concrètement, et comme vous le savez déjà si vous avez lu le début de cet article (si ce n’est pas le cas, je me demande vraiment pour quelle raison vous décidez de lire les articles en commençant par le milieu), j’ai démissionné, et donc changé d’employeur (mais pas de bureaux, ce qui constitue une certaine forme d’EPIC WIN, du moins en ne tenant pas compte de l’état de délabrement avancé de la rue dans laquelle je bosse). Travaillant maintenant dans une agence bien plus orientée développement, je dois dire que ce n’est pas un mal. Pour l’anecdote, il s’agit de la première boîte dans laquelle j’avais travaillé, il y a environ 5 ans de cela, en tant que misérable stagiaire. C’est là que j’avais appris les valeurs du Web, telles que l’accessibilité, le respect des standards et l’interopérabilité. Quoi qu’il en soit, les associés à l’origine de cette société ont décidé de se lancer dans un projet de très grande envergure, et ont créé WiziShop. Très basiquement, c’est une plate-forme de e-commerce. Dans le détail, vous pouvez en quelques clics ouvrir une boutique (comme un gamin inintéressant ouvrirait un Skyblog pour raconter sa vie de merde comme je le fais), la paramétrer (le tout avec une interface que je trouve très agréable et intuitive), et, après quelques formalités, commencer à vendre tous types de produits en ligne. Cela ne dispense évidemment pas de devoir gérer ça comme une vraie boutique, mais, pour qui veut se lancer dans le e-commerce, c’est une solution extrêmement intéressante. Car, au-delà de la possibilité de mettre sur pied une boutique en quelques clics, il n’y a aucun frais de mise en service, et le modèle économique se base uniquement sur un petit pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes et hors frais de port du vendeur. Le risque financier est donc réellement nul. Evidemment, on pense tout de suite à des frais cachés, comme des modules payants (et quasiment obligatoires), etc, mais il n’en est rien. L’équipe travaille continuellement à de nouvelles fonctionnalités qui sont proposées gratuitement aux vendeurs, comme un guide d’achat, WiziShopping, mis en place il y a quelques mois, et référençant gratuitement les produits des WiziShoppiens. Ce terme n’est pas de mon invention, et dénote le fait qu’une réelle communauté s’est créée derrière la marque, ce qui booste le potentiel d’évolution.

Tout cela ressemble honteusement à de la pub, je sais, mais c’est en toute honnêteté que je dis ça : je suis impressionné de voir tourner Wizishop, et, force est de constater, ça marche bien. Donc, ne serait-ce que par curiosité, allez voir comment c’est fait. Et, pour vos achats de Noël, WiziShopping est une mine d’idées avec son moteur de recherche spécial cadeaux.

Voilà, je vous laisse avec ce texte à digérer, et un teaser pour le dessert : j’aurai bientôt un nouveau site tout neuf à vous annoncer, bien plus personnel que ceux présentés plus haut. ???????????? ? ???? ! (ça veut dire « restez à l’écoute, en biélorusse)

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novembre 26th 2009

La grande vague

D’aucuns pourraient avancer, non sans raison, que je cherche, en publiant ce billet, à m’attirer les foules de non-VIP Google, c’est à dire les morts de faim qui cherchent à recevoir des invitations Google Wave, et qui le font savoir, sur Twitter ou autre.

Pour expliquer vite fait, sachez que Google Wave est un nouvel outil de communication, collaboration, etc. Notez le « etc », très important. Car Wave (on va l’appeler par son petit nom) est un OVNI, un concept, un briquet, voire une poutre ! Imaginez une seconde un forum de discussion, dans lequel tous les participants à un sujet peuvent répondre à n’importe quel message, sans que leur réponse s’inscrive dans le flux linéaire… Je suis peut-être un poil complexe (si ça me dérangeait de ne pas être compris, ça se saurait).  Donc, je vais tenter d’expliquer en images.

La fenêtre principale de Google Wave

Là, vous voyez les enfants ? C’est Google Wave (woaaaaa !) Ce qui m’amène à préciser que Wave est une web app, c’est à dire une application qui se lance directement dans le navigateur, sous la forme d’un site web (donc accessible depuis n’importe quel poste). On peut reconnaître au passage une build linux de Chromium. L’interface rappelle vaguement Gmail, le webmail de Google. Il est à noter que les fenêtres peuvent se réduire, de sorte à optimiser l’affichage selon ses besoins (exemple ci-dessous)

Une disposition de fenêtres de Google Wave

Comme on peut donc le voir, ici les onglets « navigation » et « contacts » ont été réduits en haut, ce qui est pratique lorsque l’on participe à une wave assez dynamique. Il est également possible de réduire pareillement la fenêtre « inbox », afin de consacrer un maximum de place à la wave. Petite précision, ce que j’appelle wave ici (sans majuscule) est la « discussion », ou le « travail collaboratif ». Un sujet, en quelque sorte. Les messages composant ce sujet sont appelés « blips ». C’est assez rigolo, si vous voulez mon avis.

Continuons, voulez-vous ? En passant sous silence les deux fenêtres de gauche, assez explicites à mon goût, nous pouvons observer la fenêtre de liste (sur le screenshot, montre la « inbox », c’est à dire les waves actives auxquelles on participe).

La liste des waves

Comme pour Gmail, il est possible de cliquer sur une wave pour l’ouvrir sur la droite, mais également d’archiver, marquer comme spam, etc, une wave. On peut noter, dans la liste, que plusieurs vignettes apparaissent à gauche d’une wave. Elles symbolisent les participants. Car, lorsqu’on crée une wave, on y attribue des participants (ce qui peut aussi être fait à tout moment par les participants), qui pourront lire et écrire dans la wave. Ou faire plein d’autres trucs, vous allez voir.

Observons deux papillons. La dernière fenêtre, pardon. La sacro-sainte fenêtre contenant la wave ! (tadaaaaa)

Le contenu d'une wave

C’est là que ça se (John_) corse. Là qu’on se rend compte qu’en fait, ça ne ressemble pas vraiment à un thread de forum, ou à une fenêtre de conversation Jabber. C’est bien plus que ça. Comme je l’ai déjà dit, une wave est composée de blips, et les blips peuvent contenir toute forme de contenu : du texte, mis en forme ou pas, mais aussi des images, des vidéos, une carte interactive (se basant, de façon fort surprenante, sur Google Map) sur laquelle les participants peuvent poser des points, tracer des figures, etc. Mais chez Google, on ‘est pas (totalement) sectaire, ainsi vous pouvez insérer un « gadget » sous forme d’une URL (qui pointera, bien sûr, sur une ressource compatible), et qui n’est limité que par l’imagination. En plus de ça, car jusque là, ce n’est pas vraiment révolutionnaire, sachez qu’il est possible de répondre à la suite des blips, mais aussi à un blip particulier (la réponse s’affichera en retrait sous ce blip), mais, et c’est très amusant, à un mot au sein d’un blip ! Dans ce cas, le blip réponse sera symbolisé par une petite bulle permettant d’afficher ou non la réponse (pour un souci de lisibilité). Ainsi, on peut répondre à n’importe quoi, et c’est un aspect très pratique, car il est alors possible d’utiliser l’outil pour collaborer sur l’écriture d’un document (on va écrire les sujets principaux, puis développer en répondant aux éléments en question, etc). On comprend vraiment l’utilité en l’utilisant. Par ailleurs, il est possible pour chacun des participants d’éditer tous les blips. J’entend déjà les forumeux crier au scandale, mais il faut se rappeler qu’une wave n’est pas publique (enfin, il est possible de la rendre publique, mais par défaut, elle est limitée à ses participants), donc je ne pense pas que ça puisse poser de problèmes (attention : pour l’instant, il n’est pas possible de supprimer un participant, la fonction est en cours d’implémentation).

Détail amusant, faute d’être réellement utile pour l’instant : lorsque l’on édite un blip, tous les participants nous voient taper en direct \o/ En fait, c’est assez pratique lorsqu’on travaille à plusieurs sur le même blip.

En plus de cette preview, qui je l’espère éveillera votre curiosité, vous pouvez lire l’excellent guide disponible ici.

Enfin, pour l’instant, Google Wave est en preview fermée. C’est à dire qu’il faut recevoir une invitation pour tester le bouzin. J’ai reçu récemment plein d’invitations à distribuer, et je vous propose de vous les vendre 600€ chacun. Ou pas, comme beaucoup sur la blogosphère, je les offre. Il suffira de poster un commentaire sous cet article, en renseignant une adresse e-mail valide (elle ne sera pas publique). Je choisirai arbitrairement les heureux gagnants. A l’heure actuelle, j’ai 12 invitations à distribuer, alors battez-vous farouchement pour les obtenir !

Et, pendant que j’y pense, je reviens sur ce que j’ai dit plus haut : « chez Google, on n’est pas (totalement) sectaire ». Raison de plus pour dire ça, Google Wave sera, à sa sortie, distribué sous licence libre ! C’est à dire que Wave, qui est en réalité un « protocole », d’après les dires de Google, sera librement utilisable, et des clients et serveurs alternatifs pourront naître partout, tout comme il sera possible d’installer « Google Wave » (l’interface web qu’on connaît aujourd’hui) sur son propre serveur, pour un réseau décentralisé, sur lequel on aura le contrôle total. Ce qui est, à mon sens, une excellente nouvelle, même si on peut légitimement se demander quel est l’intérêt de Google derrière tout ça (Wave, Chromium, Chromium OS, le nouveau langage Go, le nouveau protocole web, etc…). Je pense qu’on ne pourra pas le deviner en débattant sur les commentaires d’un blog, donc attendons.

Donc là, vous êtes devant un gros pavé de texte, vous avez eu la flemme de lire, et donc vous n’avez pas vu que je distribuais 12 invitations pour participer à la preview de Google Wave ! Je suis vraiment méchant :D

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