Archive for février, 2011

février 22nd 2011

Howto pratique : l’installation complète d’une Gentoo Linux

Et quand je dis « une Gentoo », c’est pour faire référence à sa qualité de « meta-distribution ». Car il n’y a pas une seule Gentoo, mais des milliers différentes, chacune optimisée pour un usage précis. Mais débutons par quelques explications :

WTF is Gentoo ?

Gentoo Linux est un système d’exploitation libre, comme peut l’être Debian ou FreeBSD. Les néophytes, auxquels cet article ne s’adresse absolument pas, en parleront sans doute sous l’amusant sobriquet « Linux ». La principale spécificité de Gentoo est qu’elle est distribuée sous forme de sources uniquement (à une petite poignée d’exceptions près). Ce qui a l’immense avantage d’être extrêmement flexible et modulaire (à l’image du noyau Linux même). Là où Ubuntu s’installe sans trop râler en cliquant frénétiquement sur « Suivant », l’apprenti Gentooiste mettra les mains dans le cambouis et « construira » lui-même son système, pièce par pièce, et en compilant lui-même et avec ses petites options gcc (ou autre, d’ailleurs).

Mais qui dit avantage, dit inconvénient aussi. Sauf les fanboys d’Apple, mais eux sont irrécupérables. L’inconvénient majeur donc, est également l’avantage cité plus haut : faut y mettre les mains. Faut passer du temps pour obtenir un système fonctionnel, mais bon sang de bois, quand c’est le cas, ça tourne bien. Vu que tout aura été compilé en local, les binaires seront optimisés à volonté, et on n’a pas des mainteneurs qui foutent la merde dans les paquets, comme sous Kubuntu, dont l’intégration de KDE est bugguée à souhait. C’est donc la raison d’être de ce billet, qui s’annonce particulièrement long : vulgariser l’installation de Gentoo, celui-ci n’ayant pas vocation de remplacer l’excellente documentation indispensable à tout Gentooiste. Et pour faire dans l’inédit, j’écrirai ce document au cours de ma propre installation d’une nouvelle machine.

Ce qui sera expliqué ici

Toutes les étapes du Handbook seront commentées, avec les difficultés rencontrées par mes soins, mes choix et leur explication par rapport à certains éléments, et autres…

Mon installation a pour objectif de monter une machine de bureau, avec l’accent mis sur la sécurité (le disque dur sera intégralement chiffré), et les performances (histoire d’utiliser au mieux le matos de guerre que je me suis offert).

En parlant de matériel, voici la configuration de référence de ce document :

  • Processeur Intel i7 930 (4 cœurs multi-threads, ce qui donne 8 processeurs visibles par le système)
  • ???Carte mère Gigabyte X58A UD3R (chipset Intel X58, chipset audio ?Realtek ALC889A, contrôleur réseau Realtek RTL8111D)
  • 3 barrettes KINGSTON DDR3 PC3-14400 (2Go chacune)
  • Carte graphique nVidia Geforce GT240 (1024Mo de RAM DDR3)
  • SSD Crucial RealSSD C300 de 64Go

Le reste ayant peu d’importance, on peut d’ores et déjà prendre en compte ce matériel dans la conception du système :

  • le processeur tourne comme un cheval dopé, et dispose de 8 threads, ce qui est très appréciable pour la compilation
  • on a 6Go de RAM, ce qui permet d’utiliser du tmpfs (système de fichier monté en RAM, très pratique pour des données volatiles, comme les fichiers temporaires ou fichiers de compilation)
  • on a un SSD très rapide et d’une taille assez faible, bien que ça ne soit pas critique au point de chercher l’optimisation de la taille des binaires. Il faudra le prendre en compte pour tenter d’optimiser son utilisation.

Ce qui ne sera PAS expliqué ici

Comment installer Gentoo Linux. Ça paraît con, mais il existe une doc officielle, très complète, et qui constitue une référence. Je ne suis pas là pour la remplacer, seulement pour présenter à vif ma propre installation.

A qui s’adresse ce walloftext indigeste ?

À ceux qui auront compris au moins 90% de ce que je viens d’écrire. Ou qui ont beaucoup de temps à perdre. Continue Reading »

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février 4th 2011

Déconnexion

Instant culturel : en français, le mot « déconnexion » prend un X, à la différence de l’anglais, où il est écrit « deconnection ». Voilà.

Mon actualité très personnelle m’a poussé à précipiter plusieurs décisions, dont la finalité rappelle l’effet fantasmé d’Hadopi : la coupure. À la différence près que ce n’est pas mon accès à Internet qui sera coupé, mais plusieurs liens sociaux.

Premièrement, et c’est non sans une certaine honte que je le dis, je parle de mon compte Facebook. Oui, je l’avoue, devant vos regards dépités de fans trahis, qui sont en train de se demander où trouver des poupées vaudou à mon effigie, j’avais jusqu’à aujourd’hui un compte Facebook. Non nominatif, présentant peu de données personnelles, mais malgré tout beaucoup trop intrusif. J’ai donc décidé, d’un geste rageur et anticipé d’une semaine, de supprimer purement et simplement ce compte, sans grand espoir d’efficacité concernant la rétention de mes données par ce Big Brother en puissance. Malgré tout, c’est un premier pas, qu’il vaut mieux, je l’estime, faire plutôt que de laisser le service s’insinuer de plus en plus dans notre vie privée. Car j’ai peu de doutes sur le futur de la société, qui vit grâce à la monétisation des données personnelles d’un demi-milliard de braves gens ; étant donné que la popularité d’un réseau est lié exponentiellement au nombre d’utilisateurs dessus, il sera de plus en plus facile pour Facebook de faire adopter des mesures de plus en plus inacceptables (au hasard, le fichage de l’intégralité de la navigation web d’un utilisateur).

Je tiens à relativiser tout de même : tout n’est pas à jeter chez Facebook, et encore moins ce qu’il est : un réseau social, permettant d’échanger statuts, commentaires, photos, évènements, et que sais-je. Aux ermites dans leur caverne qui renient en bloc cette avancée, je répondrai que le réseau social (dont Facebook est l’exemple type) fait évoluer les interactions, au même point que le mail a révolutionné la lettre manuscrite, qu’IRC a révolutionné (sans chercher à le remplacer) le mail… On a entre les mains la nouvelle évolution, il n’y a que la forme sous laquelle elle s’est présentée qui est critiquable. Car si à l’époque le mail n’avait été fourni que par une société privée, sous forme d’une boîte noire sans contrôle, les mêmes problématiques se seraient posées. Il est nécessaire aujourd’hui de fournir une solution propre, et ouverte, à ce besoin de réseau social. Il existe plusieurs candidats à cette demande, dont Diaspora, qui a pour l’instant ma préférence (pour le sérieux de ses créateurs, la méthode de travail employée, la crédibilité du projet grâce à la fantastique levée de fonds de l’année dernière). Mais, et je regrette la pub trop grande qu’il a eu à ce stade, il faut garder à l’esprit qu’il n’est qu’en alpha : il n’est absolument pas utilisable en production (c’est à dire en utilisation quotidienne), mais devrait être réservé à des fins de tests uniquement, en particulier par des développeurs. Je crois personnellement beaucoup en ces solutions, et j’ai hâte de pouvoir profiter à nouveau d’un réseau social, mais en version propre et libre. J’attendrai simplement le temps qu’il faudra pour m’y remettre.

Pour finir sur ce point, je donne à toutes fins utiles le lien de suppression d’un compte Facebook, fort logiquement bien planqué dans les pages d’aide : http://www.facebook.com/help/contact.php?show_form=delete_account. La suppression est effective sous 14 jours, pendant lesquels toute reconnexion annule la procédure. Pour les plus addicts, il faudra faire attention, si vous décidez de supprimer votre compte, à ne pas craquer durant ce délai.

Ensuite, pour revenir à l’introduction de ce billet, ma seconde coupure sociale est un simple changement de numéro de téléphone, qui n’a de notable que de se produire en même temps que la suppression de mon compte précité. Ce sont les raisons qui le sont plus : pour commencer, et depuis que j’ai changé de téléphone il y a 3 mois, j’ai eu envie de tester la fonction tethering d’Android (partage de connexion, ou « option modem »). Je l’ai allumée 3 minutes montre en main, puis coupée, n’en ayant pas l’utilité immédiate. Plusieurs semaines plus tard, j’ai aperçu avec surprise sur ma facture, qu’une « option modem ajustable 500Mo » m’avait été facturée 20€. Sur le coup, après la surprise, j’en ai déduit que le simple fait d’avoir utilisé cette fonction, entraînant éventuellement quelques kilobits de transfert, avait atteint un premier palier de données fixé à 500Mo. Soit. Le problème a été nettement moins amusant le mois suivant, c’est à dire il y a quelques jours : cette fois, j’ai été facturé de 30€, pour, soit-disant, 750Mo consommés. La différence notable étant que je n’ai plus du tout touché au tethering, cette option est donc parfaitement incompréhensible. J’ai évidemment appelé la hotline sans attendre, pour tomber sur un message qui provoque encore aujourd’hui une hilarité incontrôlable :

« Bonjour et bienvenue chez SFR. Tous nos conseillers sont actuellement en ligne, veuillez rappeler dans 48 heures. »

Illustration de mon désarroi

Évidemment, travaillant juste au-dessus d’un magasin SFR, je m’y suis rendu immédiatement, pour constater amèrement que le seul lien entre SFR et les boutiques SFR est le nom : les vendeurs sont incapables de faire quoi que ce soit en relation avec mon contrat, et n’ont pu m’aider, car leur seule marge de manœuvre était d’appeler eux-mêmes la hotline en vacances. Je ne me suis pas dégonflé, et ai contribué régulièrement à saturer leur ligne, jusqu’à tomber par chance, le soir même, sur quelqu’un. La conversation fut passablement électrique, en raison de mon envie de faire brûler à peu près tout le monde. J’expliquai cependant très courtoisement le problème, et patientai tandis que l’opératrice demandait conseil à son supérieur. Quelques minutes plus tard, elle m’annonça joyeusement qu’elle pouvait faire un geste commercial, et me rembourser ces 30€ sur ma prochaine facture, mais qu’il ne fallait pas m’attendre à ce que ça puisse se reproduire la prochaine fois. Pour vous donnez une idée de la tête que j’ai fait à ce moment, référez-vous à l’image précédente. J’expliquai, avec bien moins de courtoisie, que je ne m’attendais pas à un geste commercial, mais à une correction de l’erreur dégueulasse qui apparaissait sur ma facture. Devant l’entêtement de l’opératrice, j’ai trouvé le moyen de faire en sorte que ça ne se reproduise plus, en demandant à être transféré au service résiliation sans plus attendre.

Car, et c’est vraisemblablement la raison pour laquelle la hotline était injoignable, c’était ce jour-là qu’entrait en vigueur la hausse de TVA, qui permettait à n’importe qui de résilier sans frais son contrat Internet ou mobile (le premier qui parle d’Internet au sujet des forfaits 3G ira me faire le plaisir d’aller dire « coin » sur le chan IRC de FDN). Ainsi, j’ai demandé une résiliation de ma ligne, pour souscrire chez un opérateur qui aurait la décence de ne pas me racketter de la sorte. Me sentant passablement énervé, le téléconseiller a judicieusement évité de tenter de m’arnaquer en me faisant payer de quelconques frais, et m’a promis que la résiliation serait effective sous 10 jours (je n’ai pas encore eu de confirmation, ni par SMS, ni par mail, ni par courrier. Si d’ici quelques jours je n’en ai toujours pas, je me rappellerai joyeusement à leur bon souvenir). Cependant, la portabilité du numéro impliquant d’autres procédures, et étant d’un naturel particulièrement fainéant, j’ai abandonné l’idée de garder mon numéro (l’actuel ayant moins d’un an, il n’avait pas une grande importance pour moi).

Je suis donc dans une phase de recherche de nouvel abonnement 3G, et je suis allé en boutique me renseigner auprès des deux autres membres de la sympathique mafia des télécoms : chez Bouygues et Orange, j’ai eu confirmation que, pour le premier, le tethering était rigoureusement interdit, pour l’autre il était, tout comme chez SFR, surfacturé, au prétexte qu’un octet envoyé vers un ordinateur était plus lourd qu’un même octet envoyé sur un mobile ! J’ai alors pris conscience de l’horreur que représente le « web mobile » pour la neutralité des réseaux, qui est ici bafouée au plus au point (discrimination des données, bridage du débit au-delà d’un quota, interdiction d’une certaine utilisation, écoute des paquets pour lire l’user agent du navigateur afin de surfacturer, et je passe sur le réseau NATé, qui n’a strictement rien de ce qu’on peut appeler Internet). Il est vraiment temps que Free Mobile arrive dans le marché pour massacrer les ententes entre les 3 opérateurs. Je ne m’attend pas vraiment à ce que Free offre ensuite du vrai Internet mobile, mais j’ose croire qu’ils changeront pas mal de choses. En attendant, je ne me suis pas fixé sur un opérateur, et je reste ouvert à toute remarque pour m’aider à en choisir un qui soit suffisamment respectueux de son client et du réseau.

Ainsi donc, me voilà coupé, en partie malgré moi, de certains contacts. Mais, comme je l’ai déjà dit ailleurs que sur ce blog, il existe encore une petite infinité de méthodes pour me joindre : par ce blog, par mail (auto-hébergé sur le domaine de ce blog), sur Jabber (gordontesos@jabber.gordontesos.com), via Twitter même si je l’utilise essentiellement de façon professionnelle, voire en m’invitant à boire un coup, ou à me goinfrer au restau (j’invite aussi, hein). J’espère que cette situation rappellera que les moyens de contact ne se font pas exclusivement sur Facebook, que le vrai mail ne se termine pas en @gmail.com, et que le mot « social » existe depuis bien plus longtemps qu’Internet.

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