2 août 2010 03:11
L’Atild, ou « comment tirer contre son camp »
Ce titre vous est sponsorisé par Jérome Bourreau-Guggenheim. Et ne parlera pas de lui, mais de l’Atild, ou « Association pour le Téléchargement sur Internet et la Libre Diffusion », dont le nom en lui-même évoque des concepts que ses membres et fondateurs ne respectent pas.
Vous avez peut-être entendu parler de l’affaire Wawa-Mania, qui pour rappel, était partie d’un billet dans lequel Bluetouff dénonçait le soutien aveugle de certains (journalistes y compris) au fondateur d’une « board warez », Wawa-Mania pour ne pas la citer, poursuivi pour cette activité. Pour reprendre l’argument de Bluetouff, la problématique de l’affaire est que Zac (le fondateur donc) gagnait de l’argent en favorisant l’échange d’œuvres de l’esprit, et ce bien sûr sur le dos des artistes et ayant-droits. Suite à ça, on a pu assister à une véritable levée de boucliers d’une association, l’ATILD, créée par l’employeur de Zac chez AB Conseil (également un membre influent de la ligue ODEBI, pas la société, son patron), entre autres, qui s’était faite connaître quelques jours auparavant pour une opération « coup de poing » contre l’ALPA (vous savez, ceux qui spamment les DVDs de messages vous promettant une mort atroce si vous copiez les films – oui oui, sur les DVDs que vous avez achetés). Le dialogue constructif qu’on aurait pu attendre de gens défendant à priori les mêmes valeurs n’a pas eu lieu, et les interrogations de Bluetouff lui valurent un DDOS bourrin, qui affecta d’ailleurs un certain nombre d’autres sites qui n’avaient rien à voir avec cette histoire. DDOS revendiqué par des membres de Wawa-mania, et encouragé par l’ATILD. Je dois bien dire que cela me met particulièrement mal à l’aise : une association défendant la libre diffusion et le partage s’abaisse à faire taire un blogueur influent, connu pour ses prises de position pour la culture libre, le partage et la lutte contre les atteintes aux libertés. Faire tomber à coup de DDOS un site de propagande financé par le contribuable (et dont le prix me semble beaucoup trop suspect pour ne couvrir que son développement) est une chose, interdire la parole à un blogueur parce qu’il a osé nous critiquer en est une autre, qui est intolérable, tout comme l’encouragement de telles pratiques. Ne pas être capable de répondre aux accusations du blogueur est également une honte, qui ne fait que donner plus de poids à sa méfiance envers l’ATILD/Wawa-mania.
Enfin, j’ai beau prendre un plaisir certain à écrire des billets à côté de la plaque, et complètement sortis de leur contexte d’actualité, mais il y a une chose en particulier, que j’ai trouvé personnellement si aberrante qu’il me semblait important d’y répondre, même si ça n’en vaut pas vraiment la peine. Quelques semaines après la fin de cette affaire, alors que Bluetouff avait fort heureusement, et contrairement à ce qu’il avait laissé entendre, repris son blog, l’ATILD a publié ce qu’on peut qualifier d’attaque gratuite digne d’un nouveau-né. Vous pouvez lire cette diarrhée ici. On peut donc admirer un walloftext sans le moindre argument, qui se permet de diffamer Bearstech (l’employeur de Bluetouff – d’ailleurs, écorcher un nom comme ils l’ont fait sur le site est juste risible), de fouiller sommairement dans les affaires de sa famille (comme les affiliations de son père), de la mise à dos systématique de tous les sympathisants à Bluetouff (qui sont mine de rien tous les médias spécialisés et influents dans ce domaine).
Alors les mecs, il y a un ou deux trucs à comprendre :
- quand on prétend défendre le partage et la libre diffusion, on essaie de le faire sérieusement, par exemple en se rapprochant d’organismes qui agissent réellement
- si le but de l’association est de défendre les citoyens contre les ayants-droits, que ça soit clairement dit. Ce serait une très bonne chose en soi (tant qu’on ne met pas dans le même panier l’internaute « normal » qui partage sa musique comme tout le monde, et le mec qui se fait de l’argent sur du trafic de ce genre), mais la description de l’association n’est pas claire.
- quand on veut défendre les citoyens dans des affaires médiatiques, il faut savoir se servir des médias. Vous avez su le faire dans une certaine mesure avec PC INpact, ou avec le Nouvel Obs, mais vous vous êtes grillés comme des débutants, simplement en vous attaquant à un blogueur apprécié de toute la communauté. Que ce soit sur Numerama, que vous pourriez vous permettre d’insulter si vous aviez la moindre influence, ou sur RWW ou PCI, vous n’êtes plus que des guignols. Ce qui évidemment nuit aux personnes que vous défendez.
- Même chose au niveau politique; c’est cool de mépriser la droite par principe, mais oubliez-vous Nicolas Dupont-Aignan, fervent opposant à l’HADOPI, et pourtant homme de droite ? Et Lionel Tardy, Christian Vanestre ? Est-ce intelligent de les renier alors qu’ils partagent plus votre cause que certains hommes de gauche ? Votre rejet stupide de la moitié du paysage politique nuit d’autant plus à vos prétendues valeurs. Si un internaute de droite en appelle à votre soutien, recevra-t-il un crachat à la figure en guise de réponse ?
- Un professionnel doit-il refuser des clients sur le principe de leurs convictions politiques ? La position que vous tenez ici est celle de TF1 ayant licencié Jérome Bourreau (hop, j’ai trouvé mon lien avec le titre) parce qu’il a eu des opinions contraires. Personnellement, mes clients sont des clients, je ne parle pas de politique avec eux, et ça n’a d’ailleurs pas lieu d’être autrement. Alors pourquoi reprocher à Bluetouff de travailler pour des clients affiliés UMP ? Ou même à Bearstech de ne pas sélectionner les sites qu’ils hébergent arbitrairement ? Je ne vois pas en quoi l’argument « il faut bien gagner sa vie » est illégitime. Et surtout, en quoi il concerne l’affaire Wawa-mania. Travailler pour un client est tout ce qu’il y a de plus légal. Favoriser le partage illégal (même si, comme vous et beaucoup d’autres, je souhaiterais que l’échange non commercial soit libre), et surtout, engranger des bénéfices de cette activité, est complètement différent, et il serait temps de s’en rendre compte.
- « Fais gaffe Olivier, à vouloir faire du buzz, on passe vite pour un mec qui n’a que de la gueule. » Cette phrase peut parfaitement se retourner contre son rédacteur. L’ATILD a voulu jouer au plus malin, malheureusement, n’ayant aucun impact médiatique, c’est vous qui passez pour des blaireaux.
- Parler de trahison dans ce cas est juste risible. Qui Bluetouff a-t-il trahi ? Il a toujours défendu le Libre et le Partage, et le fera bien longtemps après que votre association de boyscouts se soit dissoute. Ses opinions ont toujours été claires et nettes, contrairement aux votres. Par contre, défendre les bénéfices persos d’une seule personne, ça nuit à toute la communauté du partage libre.
- « Une petite trouvaille… Olivier LAURELLI fait partie de la société Bearstech. » Une seule chose à dire : bravo les mecs. Vous avez mis combien d’agents sur le coup pour découvrir ça ? Ça n’a pas été trop dur de kidnapper des gars des renseignements pour ça ?
- Relever que Bluetouff réclame le respect de la licence GPL, c’est à dire la citation de l’auteur, vous croyez que ça lui nuit ? Faut vraiment que vous sachiez que dans le Libre, il y a des règles quand même. Bluetouff a parfaitement raison d’exiger qu’elles soient respectées, lui qui choisit de ne pas restreindre la diffusion de ses articles. C’est bon à savoir quand on prétend défendre la « libre » diffusion.
Pour finir en beauté, je vous conseille de lire cet article qui complète bien ce que j’ai dit (les commentaires sont épiques).
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